vendredi 24 novembre 2017

SIDATTES 2017 : Priorité à la valorisation

Les dattes marocaines sont prisées sur le marché national, mais sont, hélas, encore peu présentes sur les marchés internationaux. Le département de tutelle en est conscient et met en place une stratégie pour la valorisation de ce produit millénaire. Le SIDATTES, devenu une plate-forme d’échange entre les professionnels de la filière, est d’ailleurs dédié à la valorisation de la datte marocaine.

La 8ème édition du Salon international des dattes (SIDATTES) aura tenu ses promesses. Devenu un rendez-vous annuel incontournable pour les professionnels de la filière des dattes de par le monde, comme en témoigne la participation à cette édition de quelque 250 exposants en provenance d’une quinzaine de pays, cette édition a clos ses travaux, dimanche 29 octobre à Erfoud, par la signature de deux conventions de partenariat. Ces conventions, inscrites dans le cadre de la coopération Maroc-Belge, visent l’appui au Conseil agricole, en faveur des groupements d’intérêts économiques (GIE) et des coopératives de la filière du palmier dattier dans les oasis marocaines. D’un montant de 1.097.250 euros, la première convention de partenariat est signée entre l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA) et l’Office national du Conseil agricole (ONCA), dans le but de soutenir le développement des capacités des agriculteurs à travers l’adoption de modèles de planification et de gestion des GIE et des formations, notamment la gestion de la qualité et la commercialisation. Le second accord, dont le montant d’investissement est de 2.273.720 euros, est paraphé entre l’ANDZOA et l’Office régional de mise en valeur agricole du Tafilalet. Il a pour objectif de contribuer à l’efficacité de la chaîne d’approvisionnement, à l’ancrage des GIE et au développement du secteur phoenicicole. Cette convention permettra de fournir des équipements d’entretien du palmier et du matériel de collecte et de transport aux coopératives adhérant à 14 GIE, en matière d’approvisionnement; ainsi que l’acquisition de matériels et d’équipements nécessaires aux unités de valorisation aux coopératives adhérant à 9 GIE.

L’agrégation des producteurs familiaux au sein des GIE professionnalisés facilite leur insertion dans le marché, avec des produits de qualité et concurrentiels. Ce qui permet aux petits agriculteurs dans les zones oasiennes une meilleure valorisation des dattes. Cette année, le SIDATTES, devenu une plate-forme d’échange entre professionnels de la filière, est d’ailleurs dédié à la valorisation de la datte marocaine. Ce volet de la «valorisation» est un axe stratégique, autour duquel s’articule aujourd’hui le développement de la filière qui représente plus de 12.000 emplois et assure près de 60% des revenus agricoles pour plus de deux millions de Marocains.

Les dattes marocaines sont prisées sur le marché national, mais sont encore, hélas, peu présentes sur les marchés internationaux. Les organisateurs du salon ont indiqué qu’une stratégie spécifique pour la valorisation des dattes marocaines a été élaborée par le département de tutelle. Cette stratégie, qui s’inscrit dans le cadre du Plan Maroc Vert, donne la priorité à l’organisation des acteurs et au renforcement des capacités des acteurs, notamment en matière de production et de promotion de la qualité des dattes marocaines. D’importantes actions ont été initiées dans ce sens, à savoir notamment le lancement d’un programme de mise en place de 32 unités frigorifiques de stockage et de conditionnement des dattes, avec une capacité totale de 5.575 tonnes, dont 19 grandes unités de 100 à 400 tonnes et 13 petites unités de 80 tonnes.

Dans une déclaration à la presse, à Erfoud, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, Aziz Akhannouch, a indiqué que les initiatives de promotion de la datte marocaine sont au cœur de la stratégie du PMV, visant ainsi à permettre à cette production nationale d’avoir plus de succès auprès des importateurs. Pour le ministre, pour qui l’avenir est pour la valorisation de la datte marocaine, «c’est une vraie industrie qui commence à s’installer dans la filière des dattes». Selon le responsable, les efforts déployés en faveur de la filière commencent déjà à porter leurs fruits. Il a fait savoir que «des investisseurs australiens ont fait le déplacement dans la région, il y a deux semaines, pour entreprendre les premiers contacts avec des producteurs de la région, afin d’importer la variété dite ‘‘Majhoul’’». Le ministre, qui s’est également dit agréablement surpris par la qualité de la variété «Najda», variété très proche du «Majhoul» et conçue par les laboratoires de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), dans le cadre de la lutte contre la pathologie du «Bayoud». Une maladie ayant causé d’importants dégâts au patrimoine phoenicicole, actuellement riche de 6,6 millions de palmiers-dattiers répartis sur environ 51.000 hectares. Des 3 millions de plants prévus à l’horizon 2020, a poursuivi le ministre, le Maroc, dont la production actuelle est de 112.000 tonnes, a planté 1,8 million. Près de 50% de la production est destinée au marché national, 20% à l’alimentation du bétail et 30% à l’autoconsommation. Grâce à la recherche scientifique, a précisé le ministre, la plantation de nouveaux pieds de palmiers-dattiers est aujourd’hui de 500.000 plants chaque année, contre 20.000 en 2009, a souligné le ministre.

Naîma Cherii

Point de vue

Bachir Saoud, Président de l’Association du Salon international des Dattes au Maroc (SIDATTES)

Il y a des niches pour certaines variétés

«Nos objectifs se situent essentiellement par rapport aux objectifs du contrat-programme de la filière dattière. Il faut dire que, globalement, l’ensemble des indicateurs, que ce soit en plantation, en unité frigorifique ou en qualité de produits exposés, est satisfaisant par rapport à ce qui était prévu. En termes de plantation, on est à plus de 60%. On est à 2,4 millions de pieds sur les 3 millions prévus pour 2020. En unités frigorifiques, on est à 34, alors qu’il était prévu de n’en faire… même pas une dizaine. En capacité de stockage, pareil. 

Au niveau de la production, avant le contrat-programme, on était à une moyenne  de moins de 80 et 90 mille tonnes. Or, aujourd’hui, on est à des moyennes de 110 et 120 mille tonnes. Notons que l’on est à mi-chemin. Nous estimons qu’il faut sensibiliser surtout les acteurs, notamment sur les soucis de la valorisation et de la production. La 8ème édition a d’ailleurs visé des objectifs de mise à niveau et de consolidation de la filière et des acteurs. Aujourd’hui, on doit s’occuper de la qualité du produit final qui va s’adresser au consommateur, de son packaging, de  son conditionnement, etc. Faut-il le souligner, le Maroc n’est pas un pays exportateur de dattes. C’est encore un pays importateur, car on a une saisonnalité de consommation. Le gros de la consommation se fait, en effet, au mois de ramadan. Et comme la capacité de stockage n’est pas assez développée, on se retrouve à cette date-là avec moins de dattes. On est donc obligé de compenser le gap  par l’importation. Sachant qu’au niveau de l’export, il y a actuellement des niches pour certaines variétés, notamment «Majhoul» et quelques autres variétés (Jehel, Boufagouss…). D’ailleurs, cette année connaîtra l’engagement des commerçants des dattes et des importateurs, pour commercialiser mieux et faire en sorte que la datte nationale soit disposée sur la table des Marocains, tous les jours».

Propos recueillis par N.C

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