lundi 23 octobre 2017

«Notre objectif n’est pas la rentabilité, mais la dignité de ces habitants que seul l’Etat peut aider»

Badre kanouni alomrane

Entretien avec Badre Kanouni, Président du Directoire du Groupe Al Omrane

Pour Badre Kanouni, 1.200.000 habitants ont vu leurs conditions d’habitat et donc de vie s’améliorer grâce aux programmes de l’Etat.

Interview

Al Omrane est en bonne santé, semble-t-il. Quelle est votre recette?

La recette, à mon avis, est un bien grand mot… Mais je crois que, vu la mission du Groupe Al Omrane, la population à laquelle on s’adresse est la plus démunie qui soit. On s’adresse à elle à travers les différents programmes de l’Etat de lutte contre les bidonvilles, l’habitat insalubre, le clandestin… Le logement est à 140.000 DH. On parle de valeur de vente extrêmement faible chez cette population et les besoins sont encore importants. Il y a l’exode rural qui est aussi important. Donc, le besoin est là.

En tant qu’opérateur immobilier de l’Etat, quelles solutions apportez-vous à ces problèmes?

Il faudrait que nous arrivions, en tant qu’opérateur de l’Etat, en partenariat avec les autres acteurs, que ce soit le ministère de l’Habitat, les autorités locales ou les élus, à trouver des solutions pour régler les problèmes d’habitat et à faire bénéficier la population concernée des différents programmes qui sont lancés par le Groupe Al Omrane, qu’il s’agisse des recasements, des délogements ou autres programmes.

Quel travail à ce niveau-là?

Je crois qu’il y a un travail très important qui se fait à ce niveau-là. C’est le développement de cette synergie et de la créativité par rapport à des solutions qui permettent justement de déplacer ces personnes et de les faire bénéficier de ces projets et de ces unités. Donc, il y a un travail qui se réalise à ce niveau-là.
Et puis, il y a un deuxième aspect qui est également fondamental. C’est tout le travail d’amélioration du rendement du Groupe et de ses procédures. Il a fallu -et nous continuons à le faire- profiter de cette expertise qui se trouve répartie sur l’ensemble du territoire avec des expériences réussies par-ci par-là. Donc, tout cela est mis en commun entre les différents responsables du Groupe, ce qui permet évidemment d’améliorer ses procédures et ses réalisations.

Malgré tous les efforts consentis et les budgets alloués, le fléau des bidonvilles est toujours là. Est-ce qu’il y a une feuille de route, un agenda pour résorber ce fléau qui perdure?

J’estime que des résultats sont réalisés par le Maroc, d’une manière générale. Nous sommes l’opérateur, mais il s’agit là d’un programme dans lequel interviennent le ministère de l’Habitat, ceux de l’Intérieur et des Finances, les autorités locales, les élus, etc, même si nous représentons 90% de ce qui se fait -en tant qu’opérateur- au Maroc.

Quels chiffres concrets?

S’agissant du programme Al Omrane (de lutte contre les bidonvilles), on était à 240.000 familles. Nous sommes aujourd’hui à 380.000 familles. Cela veut dire qu’il y a 110.000 familles qui se sont ajoutées, donc plus de 40%. Et si on revient au chiffre initial, nous avons traité 93% de ce qu’il y avait.

Et pour ce qui est des projets en cours?

Si on prend les projets qui sont en cours, ils permettent de couvrir 270.000 habitants. Ce qui donne une augmentation de 74%.
Tous les ans, le Maroc réussit à améliorer les conditions de vie de plus de 70.000 habitants.

C’est une ligne droite?

Cela dépend des années. Mais je crois que nous ne pouvons pas parler d’un échec, puisque chaque année, il y a une amélioration significative qui est faite.

Quelle approche aujourd’hui, s’agissant des problèmes?

Je crois que l’approche aujourd’hui, en tout cas la nôtre, c’est de travailler sur les problèmes qui se posent. Chaque fois qu’il y a un programme qui nous est confié, nous le traitons. Je crois que c’est surtout cela qu’il faudrait retenir. C’est cette avancée où, annuellement, le Maroc arrive à améliorer les conditions d’habitat de ses citoyens qui vivent dans ces bidonvilles.

Quand on évoque les bidonvilles ou les habitations insalubres, on évoque du même coup la dignité des citoyens…

La dignité, c’est notre raison d’être. Quand on parle de mobilisation, c’est pour la dignité. C’est parce que cette population a réellement besoin des outils de l’Etat pour arriver à améliorer ses conditions de vie.

Un chiffre?

C’est quand même 1.200.000 habitants qui ont vu leurs conditions de vie s’améliorer grâce au programme de l’Etat.

Vous êtes l’opérateur de l’Etat. Vous traitez et exécutez les programmes qu’il vous confie. Mais qu’est-ce qui empêcherait le secteur privé de s’associer à ce grand chantier?

Nous serions réellement heureux de voir des opérateurs privés intervenir dans le bidonville.

Est-ce un projet qui n’est pas rentable?

Bien sûr qu’il ne l’est pas. Le Groupe, quant à lui, ne pense pas à la rentabilité.

Quel est le premier objectif du Groupe Al Omrane?

Le premier objectif du Groupe Al Omrane est de régler les problèmes de ces habitants et citoyens. L’Etat est le seul à pouvoir les aider. Ce que nous faisons…

Vous avez parlé de mobilisation…

Je reviens toujours à cette mobilisation. Franchement, j’ai trouvé beaucoup de militantisme auprès des femmes et des hommes qui travaillent au sein de ce Groupe, ce qui permet de réussir ces avancées.

Une commission a été créée lors de la dernière réunion avec le chef de gouvernement. Qu’en est-il au juste et quel rôle?

Il s’agit d’une commission qui va être présidée par les services du chef de gouvernement. Vont y participer les secrétaires généraux des ministères concernés par ces problématiques que l’Etat confie à Al Omrane, mais aussi les administrations et les agences concernées. Cette commission va encore essayer d’améliorer le fonctionnement et la manière de travailler, s’agissant d’un certain nombre de programmes et de cas où il y a nécessité d’arbitrage du gouvernement. Cette commission va présenter au chef de gouvernement les points qui nécessitent un arbitrage gouvernemental.

Quelle place pour la gouvernance dans vos réalisations?

Depuis mon arrivée en 2010-2011, la gouvernance a été –et elle l’est toujours- parmi les priorités du Groupe. J’ai trouvé une mobilisation des cadres-dirigeants de ce Groupe. Je crois que ce dernier a réalisé des avancées et des améliorations très importantes en termes de modernisation, de qualité de travail et de gestion. Je dirais aussi qu’il y a beaucoup de pratiques, qu’on trouve dans des entreprises privées et parfois même chez des multinationales, que nous appliquons ici, au Groupe Al Omrane.
Parmi nos orientations stratégiques, il y a la consolidation du Groupe en tant qu’entreprise moderne, citoyenne et performante.

Où en est le système d’information du Groupe?

Il est en train de se mettre en place. C’est un travail énorme. Le projet démarre dans les semaines à venir et le Groupe continuera d’être très mobilisé dans ce cadre.

Interview réalisée par Mohammed Nafaa

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