mardi 22 août 2017

Logement social : Les petits promoteurs haussent le ton!

L’Union nationale des petits promoteurs immobiliers (UPPI) a haussé le ton, cette semaine, au sujet du dossier concernant le programme de logement social.

Si cette instance professionnelle s’était, au début, déclarée satisfaite de contribuer à la mise en œuvre de ce type d’habitat, elle se montre, aujourd’hui, de plus en plus réservée. En cause, des difficultés rencontrées par les petits promoteurs dans la réalisation de certains projets de logement social et économiques à Casablanca. Ces difficultés, assure-t-on, suscitent, depuis un certain temps, des remous parmi les membres de l’UPPI. Et si rien n’est fait pour les aider à dépasser leurs difficultés, les professionnels se disent certains que cela aura un impact négatif sur le secteur du logement social, selon les dires des membres de l’UPPI. En détail, nos sources affirment que certains programmes de logements sociaux à Casablanca peinent -pour plusieurs raisons- à être finalisés dans le délai fixé par le mémorandum signé avec le gouvernement. Ce mémorandum, rappelons-le, a été signé en novembre 2015 entre le ministère de tutelle, le groupe Al Omrane et l’UPPI, pour la réalisation de projets de logements sociaux. En vertu de cet accord, les petits promoteurs doivent ainsi réaliser, sur cinq ans, 500 unités, dont 60% de logements sociaux et 40% d’unités économiques. Or, dans le contexte actuel, les membres de l’UPPI s’élèvent pour demander au gouvernement la révision des dispositions dudit contrat. «Pratiquement tous les professionnels ont rencontré des obstacles pour achever les projets dans le délai fixé par le contrat», est-il indiqué. Pour faire face à ces difficultés, Mohamed Dahbi, SG  de l’Union, suggère de revoir les conditions d’exécution et de mise en chantier de ce produit lancé en 2009 et destiné aux personnes à revenu inférieur à 5.000 DH. «Le gouvernement est appelé à prendre des mesures pour aider ces promoteurs et soutenir le logement social qui est à même de donner un coup de pouce à ce type de logement», a ajouté le SG. Parmi les difficultés rencontrées par les petits promoteurs, celui-ci évoque, entre autres, la question du foncier, le problème de récupération de la TVA et des problèmes administratifs.

Pour réussir les programmes de logements sociaux, les petits et moyens promoteurs veulent un traitement particulier. A l’UPPI, on mise fortement sur le social et l’économique, dans le cadre de ses propositions concernant la loi de Finances 2018. Dans une lettre, adressée, début mai, à quatre groupes parlementaires (Le Reporter en détient une copie), l’Union a informé sur les difficultés que les promoteurs rencontreraient dans l’exécution de certains projets de logement social, notamment à Casablanca, déclare-t-on. L’UPPI, qui voit dans ce segment une voie pour redynamiser la demande, espère que ses doléances soient prises en compte dans la loi de Finances 2018. Dans le cadre de leurs doléances, les professionnelles proposent de donner la possibilité aux petits promoteurs de réaliser, sur cinq ans, 300 unités, au lieu de 500.

Ces difficultés peuvent-elles limiter la propulsion de l’habitat social au Maroc? Oui, au regard des difficultés d’exécution de certains projets, notamment dans la Ville blanche, répond  un membre de l’UPPI. Celui-ci va même jusqu’à estimer que les petits promoteurs construisent ces logements à perte. Aujourd’hui, déclare un autre promoteur membre de l’UPPI, le risque serait même «l’abandon du segment économique et social», à cause de plusieurs obstacles rencontrés dans la mise en œuvre de certains projets. Pour le SG de l’Union des petits promoteurs immobiliers, ces derniers sont prêts à contribuer à ce programme dédié à l’habitat social et économique. «Les opérateurs sont prêts à aller vers cette expérience. Ils ont d’ailleurs prouvé leur capacité à produire le logement à 140.000 DH, selon les mêmes critères que ceux fixés pour la gamme supérieure, concernant le programme à 250.000 DH», se félicite Mohamed Dahbi.

L’on apprend qu’à ce jour, un projet est d’ores et déjà achevé dans le quartier de Sidi Moumen, où deux sociétés de construction sont à l’œuvre pour boucler les travaux relatifs à deux autres projets dédiés à l’habitat social. La première tranche d’un programme de 224 appartements à faibles VIT (Valeur immobilière totale) est déjà livrée à ses bénéficiaires. Très prochainement, 50 autres appartements seront livrés à de nouveaux bénéficiaires.

Naîma Cherii

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