lundi 23 octobre 2017

Hakim Abdelmoumen, Président de l’Amica

Hakim abdelmoumen president amica

Faire sauter les verrous pour que la filière redémarre

L’Association marocaine pour l’industrie et le commerce automobile (Amica) est à pied d’œuvre pour ce qui est du développement et du redémarrage de l’industrie automobile au Maroc. A la veille de la 3ème édition de l’«Automotive Meeting Tangier-Med», AMT 2014, Hakim Abdelmoumen, président de l’Amica, nous livre les grandes lignes de cette action. Le point.

Entretien

Cette année, l’AMT se tiendra sous le thème «Industrie Automobile au Maroc, vers des écosystèmes efficients». Avant d’en arriver aux écosystèmes, l’Amica a bien fait du chemin. Pouvez-vous nous en rappeler les étapes marquantes?

L’orientation de la 1ère édition (2010) était plus concentrée sur le programme émergence et le lancement de l’unité de construction de Renault-Tanger. C’était donc tous les projets structurants, les zones franches et surtout l’accompagnement du constructeur dans le démarrage de la 1ère usine de Tanger. Lors de la 2ème édition, on s’est plutôt penché sur le potentiel et l’importance de la filière qui se compose, en plus des constructeurs automobiles et de tout le tissu des équipementiers, des sous-traitants, des métiers industriels, des services de l’automobile…

Cette édition de 2012 avait coïncidé avec l’arrivée d’un nouveau constructeur qui devait démarrer une nouvelle usine avec un nouveau véhicule. Pour ce faire, il fit venir une quinzaine d’équipementiers pour le suivre… Parallèlement, de grandes multinationales s’installaient et se mettaient à travailler dans leur coin. La prise de contact avec ces gens nous a permis de recueillir un ensemble de doléances versant toutes dans la même conclusion: ces gens, comme ils le disaient d’ailleurs, avaient tous des problèmes. Ils ont monté des usines au Maroc, mais ils importaient tout, toutes les pièces nécessaires, vu qu’il n’y en a pas au Maroc. Ils assemblaient et réexportaient, faisant face à un tas de problèmes, notamment d’homologation et de logistique, qui coûtent excessivement cher… Nous avons alors commencé à diagnostiquer et les tables rondes de l’édition étaient plutôt consacrées à l’écoute. Ensuite, nous avons regroupé les intervenants pour leur expliquer le rôle de l’Amica, l’importance de leur présence et leur implication dans son action à travers des commissions qu’on voulait alors lancer, sauf que celles-ci ne pouvaient l’être que par ces gens. Ainsi, ce sont eux-mêmes qui avaient choisi les sujets de débat autour des quatre thèmes sur lesquels ils voulaient vraiment travailler, à savoir la sous-traitance, la logistique, les compétences et le financement.

Dans le détail, quelles étaient les déductions de ce travail et quelles résolutions en avez-vous conclu?

Pour la sous-traitance, il fallait surtout travailler à la développer davantage. Le travail sur la logistique était un peu plus global, puisqu’il ne s’est pas concentré sur le transport, mais il s’est étendu à tous les aspects liés à la logistique, entre autres l’emballage, les services et les plate- formes. Pour ce qui est des compétences industrielles, ça nous a permis de voir que, dans l’automobile, on n’a pas besoin que d’ouvriers qualifiés, mais aussi de cadres. Mais au Maroc, nous avons des cadres, dans la qualité, la maintenance ou la logistique, qui coûtent plus cher que leurs homologues en Europe de l’Est… Lorsque les professionnels font leur calcul, ils tirent souvent la sonnette d’alarme sur ce fait, surtout qu’ils ont incontestablement besoin de ces compétences… Et enfin, dans la partie financement et accompagnement, le travail s’est plus concentré sur les moyens de financement et d’accompagnement des industriels…
C’est sur cette base d’ailleurs que nous avons commencé à travailler, à lancer des chantiers, à négocier avec le Port de Tanger-Med et les prestataires et à regrouper ces équipementiers pour voir leurs besoins en pièces et en sous-traitance au Maroc. Les filières ont ainsi commencé à se regrouper, ce qui ne se faisait jamais. Et ce fut l’arrivée du programme «écosystème» qui était une opportunité extraordinaire. Il faut dire qu’avec cette nouvelle stratégie, on ne va plus livrer des pièces de voitures, mais qu’on livrera un sous-ensemble. Ainsi, ce constructeur, qui a devant lui toutes les compétences du tissu: l’homologation, l’ingénierie, la conception, la sous-traitance, tous les aspects autour du métier, les moules…, va s’installer sans risque de le voir, demain, déménager ailleurs. Bien au contraire, cela devrait le motiver pour lancer sa 2ème, sa 3ème, voire sa 4ème usine… Si l’on parvient ainsi à ne fidéliser qu’un grand équipementier, cela peut faire exploser la filière au Maroc et c’est ce qui est important.

La nouvelle stratégie correspond parfaitement à vos objectifs. Comment comptez-vous l’accompagner pour contribuer à sa pérennité et peut-on considérer le récent changement de structure au sein de l’Amica comme un début d’accompagnement?

La récente restructuration répond à un besoin d’efficacité dans l’action quant à l’accompagnement, à la mise en œuvre et à l’aboutissement. La mission aujourd’hui est plus élargie. Il faut donc une structuration qui sied avec les tâches à accomplir. Notre projet, au départ, consistait à identifier les leviers potentiels de croissance et les verrous à faire sauter pour que cette filière redémarre. L’un des principaux enjeux pour nous se situe au niveau du développement du tissu industriel local. L’AMICA travaille ainsi pour l’accompagner en l’aidant à identifier des partenaires industriels, à nouer des accords, y compris avec les entreprises étrangères. Nous pouvons aussi aider à trouver des aides à l’investissement pour les outillages, la partie ingénierie, conception, développement technique… Notre mission consiste à rassembler toute la filière, vu que le secteur, dans sa globalité, est en train d’être fédéré. Nous tentons de faire que tout le monde converge vers un objectif et des intérêts communs. Sur ce point et bien d’autres, notre vision cadre bien avec la stratégie nationale en matière d’industrie automobile et c’est sur cette base que nous nous y trouvons impliqués…

Propos recueillis par Hamid Dades

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