vendredi 15 décembre 2017

Gazoduc Nigéria-Maroc : Qui y gagne vraiment?

La visite de Sa Majesté le Roi au Nigéria aura certainement été marquée par le lancement du projet de réalisation d’un gazoduc régional, appelé à relier les ressources gazières du Nigéria à celles de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et le Maroc. Un projet d’envergure qui profitera à toute une région du continent et qui recadre la coopération Sud-Sud, laquelle s’inscrit dans une logique de gain mutuel, de transfert d’expérience et d’échange à forte portée. Cette réalisation confirme aussi le leadership du Maroc en tant que chef de file continental et sa réussite là où d’autres ont échoué. Une position qu’on dispute à cet Etat qui fait de la coopération bilatérale pragmatique et bénéfique un réel levier de développement de l’Afrique, qui se prend de plus en plus en charge par elle-même, en ne comptant que sur ses atouts et ses potentialités en mesure de la hisser encore plus haut.

Le Maroc et le Nigéria, outre le fait de consolider leurs relations économiques et politiques, ont ainsi mis au défi d’autres pays d’Afrique (amis et voisins) de se mettre au devant de la scène et de mener à bon port cet élan de développement et d’unification, autour d’une vision commune, de l’ensemble des Etats africains, conscients aujourd’hui que c’est ce genre d’union qu’il faut au continent, pour qu’il puisse réussir son décollage économique, social et politique.
Un projet d’envergure donc, où le gain est certain. Mais qui y gagne vraiment et comment?
 
Le Royaume du Maroc et la République Fédérale du Nigéria ont ainsi décidé d’étudier et de prendre des mesures concrètes pour la promotion d’un projet de gazoduc régional appelé à relier les ressources gazières du Nigéria, à celles de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et le Maroc.

Tout le monde y a droit

En tant que projet majeur destiné à favoriser l’intégration économique régionale, le pipeline sera conçu avec la participation de toutes les parties prenantes, dans le but d’accélérer les projets d’électrification dans toute la région, servant ainsi de base pour la création d’un marché régional compétitif de l’électricité, susceptible d’être relié au marché européen de l’énergie, de développer des pôles industriels intégrés dans la sous-région dans des secteurs tels que l’industrie, l’agro-business et les engrais. L’objectif est d’attirer des capitaux étrangers, d’améliorer la compétitivité des exportations et de stimuler la transformation locale des ressources naturelles largement disponibles pour les marchés nationaux et internationaux.
D’importantes opportunités d’affaires devraient ainsi découler de ce projet tant pour les industriels que pour les investisseurs. En effet, en favorisant une intégration économique plus profonde, fondée sur des complémentarités positives, des synergies durables et des approches inclusives, cette plate-forme Sud-Sud accélérera la transformation structurelle des économies nationales de la région, plaçant ainsi toute la région sur le chemin d’une croissance plus forte.

Sollicitant une attention particulière aux plus hauts niveaux, ce projet jouit de la bienveillance des deux Chefs d’Etat qui ont convenu de mettre en place un organe de coordination bilatéral chargé de suivre cet important projet.

Par ailleurs, le fait qu’une telle coopération stratégique puisse voir le jour en Afrique traduit la volonté des deux Chefs d’Etat d’ériger la coopération entre les deux pays en un modèle de partenariat Sud-Sud.

Investir pour réussir

Pour assurer plein succès à ce projet d’envergure, le Nigéria et le Maroc ont décidé de joindre leurs efforts et de coopérer étroitement, à travers leurs fonds souverains respectifs, Nigeria Sovereign Investment Authority et Ithmar Al Mawarid (Ithmar Capital).
Illustration parfaite du co-investissement et du co-développement, ce partenariat renforce les relations de fraternité qui lient le Nigeria et le Maroc. Il impactera positivement l’avenir des deux pays et de la région de l’Afrique de l’Ouest.
C’est ainsi l’aube d’une nouvelle ère pour l’Afrique qui se lève. Une Afrique qui façonnera désormais elle-même son avenir. Et c’est encore une fois le Maroc qui prend l’initiative, faisant des envieux, certes, mais fort dans son action du soutien des Etats qui adhèrent à sa vision pour l’Afrique et qui prennent partie à cette marche vers la prospérité du continent.
Ce projet traduit également la vision éclairée de SM le Roi pour une Afrique maîtresse de son destin. L’Afrique est un continent à fort potentiel économique et offre des opportunités aux investisseurs. Pour rappel, au cours de la 22ème session de la Conférence des Parties de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP22), le Maroc, par l’intermédiaire de son fonds d’investissement souverain Ithmar Capital et la Banque mondiale, avait annoncé un accord relatif à la création d’un Fonds d’infrastructure écologique pour l’Afrique. L’objectif principal de ce fonds est de catalyser la transition vers une économie plus verte grâce à une croissance efficiente, à faible teneur en carbone et inclusive, un accès à l’énergie propre et une utilisation efficace de l’agriculture et des ressources en eau.
Le partenariat entre Ithmar Capital et Nigeria Sovereign Investment Authority vient conforter l’initiative de création du Fonds d’infrastructure écologique pour l’Afrique. Ce partenariat permettra le développement d’une véritable force africaine qui attirera d’autres fonds d’investissement souverains africains, avec le soutien de la Banque mondiale.
Ce modèle d’investissement Sud-Sud constituera une base solide et résiliente pour un développement durable des infrastructures.

En plus étroit…

La visite du Roi au Nigéria a aussi été marquée par la signature de 14 conventions de coopération bilatérales. Ces conventions couvrent les domaines des investissements, de la formation, du renforcement des compétences des jeunes, des hydrocarbures et des mines, du tourisme, des banques, des finances, des assurances et de la logistique.
S’inscrivant en droite ligne de l’orientation royale tendant à renforcer le partenariat Sud/Sud, ces conventions participeront au renforcement du cadre juridique régissant les relations entre les deux pays, comme elles favoriseront une collaboration fructueuse entre les gouvernements et les opérateurs privés des deux pays.

H. Dades

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Un commentaire

  1. Gazoduc ? Faudrait abord securiser la zone tampon avec la Mauritanie où se promène librement les terroristes du polizbal.

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