mercredi 14 novembre 2018

Environnement Nezha El Ouafi : «On doit faire plus pour améliorer la situation»

Les progrès réalisés pour améliorer la qualité de l’environnement se font encore trop lentement au Maroc. En tout cas, de l’avis de Nezha El Ouafi, secrétaire d’Etat en charge du Développement durable (SEDD), le chemin est encore très long en ce qui concerne les efforts déployés dans la lutte contre la dégradation de l’environnement.

«D’importantes avancées ont été réalisées par notre pays, que ce soit sur le plan législatif ou en ce qui concerne les programmes initiés dans le cadre des politiques publiques environnementales au Maroc. Mais on doit encore faire plus pour améliorer la situation. On doit redoubler d’efforts, notamment en matière de dégradation environnementale», reconnaît la ministre Nezha El Ouafi, lors d’une session de formation et de communication sur «L’environnement et le développement durable» au profit d’une vingtaine de journalistes, organisée les 19 et 20 janvier à Marrakech.

La ministre PJDiste n’y va pas par quatre chemins. «Quand on regarde la qualité de l’air, par exemple, elle n’affiche clairement pas un bon état», dit-elle. Les données fournies par l’étude réalisée par la Banque mondiale, en janvier 2017, sont d’ailleurs très inquiétantes. Les résultats de cette étude estiment à 3,52% du PIB, soit 32,5 milliards de DH, le coût de la dégradation de l’environnement au Maroc, regrette Nezha El Ouafi, qui a plaidé pour que la question environnementale soit une «affaire pressante». «L’Environnement n’est pas encore une affaire pressante  dans notre pays. La question environnementale doit être au cœur des préoccupations des politiciens. Ces derniers doivent en faire une question urgente, afin qu’ils puissent proposer une politique de développement durable plus avancée», a-t-elle précisé, lors de cette rencontre.

Tout en reconnaissant l’ampleur de la mission d’amélioration de la qualité de l’environnement, la ministre ne manquera pas de souligner que le secrétariat d’Etat du Développement durable (SEDD) mène un travail de fond. Pour ce qui est de l’amélioration de la qualité de l’air, par exemple, un travail énorme reste à accomplir. Car, à ce jour, le Maroc ne dispose d’aucune information crédible sur la qualité de l’air, se désole El Ouafi. «Pour remédier à ce problème, le Secrétariat d’Etat a mis en place un plan d’actions pour l’amélioration de la qualité de l’air dans chaque région du pays», souligne-t-elle.

Ce programme national, élaboré avec différents départements ministériels et envisagé pour la période 2017-2021, porte sur la surveillance de la qualité de l’air, la réduction du degré de la pollution de l’air et la sensibilisation, ainsi que sur le renforcement du cadre juridique. «Le but de ce programme, qui entre cette année dans sa phase opérationnelle, est d’arriver à un réseau de stations de surveillance de la qualité de l’air constitué de 81 stations d’ici à l’horizon 2021», précise Nezha El Ouafi qui dresse le bilan et le plan d’action 2018-2021, prévus dan le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement durable (SNDD).

Le SG du secrétariat d’Etat, Mohamed Benyahya, a, dans ce cadre, mis en exergue le cadre conventionnel pour faire avancer la mise en application de cette stratégie, notamment la validation de la SNDD par le Conseil des ministres en juin dernier, ainsi que la signature d’un accord sur l’exemplarité de l’Etat qui englobe des mesures à entreprendre, telles l’économie d’eau, l’économie d’énergie, le recours aux énergies renouvelables, le recyclage des papiers, etc.

De son côté, la directrice de l’Observation, des études et de la planification au sein du Secrétariat d’Etat chargé du Développement durable, Rajae Chafil, a expliqué que la Stratégie de développement durable est «basée sur des actions concrètes avec, notamment, des indicateurs de suivi et de résultat». Elle a précisé, par ailleurs, que cette stratégie reste en harmonie avec les principes de la loi-cadre 99-12 portant Charte nationale de l’Environnement et du Développement durable, à savoir l’intégration, la territorialité, la prévention et la responsabilité.

Amélioration de la pollution de l’air, intégration du monde rural au Plan national d’assainissement, valorisation des déchets, changement climatique… Ce sont là des dossiers prioritaires, identifiés par les experts et directeurs du département du Développement durable. Pour ce qui est des déchets ménagers, par exemple, le ministère a travaillé, dans le cadre d’un Comité national d’orientation stratégique, sur l’identification de certaines filières de valorisation des ordures ménagères et industrielles à structurer. Pour l’heure, 7 filières ont déjà fait l’objet de conventions. Une filière de valorisation des pneus est actuellement en cours de mise en place, a déclaré la ministre. Dans le cadre de la régionalisation, le département de Nezha El Ouafi a fixé de nouveaux critères d’éligibilité pour les collectivités locales, pour profiter du soutien de l’Etat lors de l’installation de nouveaux centres d’enfouissement et de valorisation (CEV) des ordures ménagères et assimilés, dans le cadre de la mise en œuvre du Programme national des déchets ménagers (PNDM). Ainsi, d’ici à 2021, une cinquantaine de centres d’enfouissement sont prévus, ce qui devra, selon la ministre, contribuer à créer plus d’un millier d’emplois. Au programme, 26 CEV seront créés durant cette année. Il s’agit aussi d’y créer des centres de tri pour la valorisation des déchets ménagers. Actuellement, 18 centres font déjà l’objet  de conventions, selon le SEDD.

Autre priorité des responsables du département du Développement durable: l’assainissement dans le monde rural, le parent pauvre des politiques publiques. Nezha El Ouafi reconnaît qu’un grand ménage s’impose dans ce secteur. Pour une enveloppe prévisionnelle de 43 milliards de DH et afin de contourner ce problème, poursuit-elle, le secrétariat d’Etat a décidé d’intégrer une partie du monde rural dans le Programme national de l’assainissement (PNA). L’objectif étant de permettre le déploiement de centres émergents et, surtout, une meilleure gestion de la rareté de l’eau. A terme, quelque 1.200 centres ruraux seront connectés. 

Pour ces chantiers, le secrétariat d’Etat table sur la mutualisation des coûts et des efforts des différents partenaires publics et privés. Certaines mesures seront mises en application dès cette année.

«Nous sommes dans la phase de déclinaison de la SNDD et bientôt nous allons passer vers la déclinaison territoriale», se félicite le SG, Mohamed Benyahya. Celui-ci a mis en avant la création par texte réglementaire d’un «Comité stratégique» ayant un rôle d’approbation stratégique, sous la présidence du chef de gouvernement et doté d’un statut juridique sous forme d’un arrêté ministériel, en vue de garantir son fonctionnement permanent et transparent pour tous les acteurs. Le responsable a ajouté que la Stratégie nationale de développement durable est déclinée en 7 enjeux, 31 axes stratégiques et 137 objectifs. Elle vise, entre autres, la consolidation de la gouvernance du développement durable, le renforcement du cadre institutionnel du développement durable, le rôle du cadre juridique des acteurs et les mécanismes de contrôle, ainsi que la consolidation des instruments économiques et financiers et la mise en œuvre d’une politique fiscale environnementale efficace, explique le SG lors de cette journée d’information et de communication, qui vise à renforcer les capacités des journalistes en matière d’environnement et de développement durable.

Pour la circonstance, la ministre était entourée de son staff technique et de ses proches collaborateurs. «Nous avons décidé d’activer le partenariat avec les représentant des médias marocains, dans le cadre du droit d’accès à l’information. C’est votre droit d’accéder à l’information environnementale. Car le droit d’accès à l’information ne peut avoir lieu sans l’établissement des fondements d’une communication fluide et permanente avec vous», affirme Nezha El Ouafi.

DNES à Marrakech: Naîma Cherii

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