samedi 15 décembre 2018

Développement inclusif : L’OCDE met le doigt sur la plaie

Pour permettre au Maroc de franchir une nouvelle étape de  développement et enclencher une dynamique de croissance forte, pérenne et inclusive, trois axes de réformes s’imposent, d’après les conclusions de la récente «Etude multidimensionnelle du développement au Maroc», menée par le Centre de développement de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE).

Le premier axe s’intéresse  aux stratégies sectorielles. Le deuxième a trait au niveau de la formation qui doit être adaptée aux besoins du marché du travail. Et le troisième appelle au renforcement du tissu industriel.

Se donner les moyens de ses ambitions

Ainsi, l’étude du Centre de développement de l’OCDE a recommandé d’œuvrer en faveur d’une plus grande cohésion entre les politiques publiques et les stratégies sectorielles, en vue d’une plus grande efficacité dans l’action de l’Etat. Après avoir rappelé le retard pris par le Royaume dans ce domaine, le Centre a également préconisé la mise en place de nouvelles politiques capables de faire des cursus universitaires des tremplins vers l’emploi. «La création d’emplois doit cependant s’accompagner d’un relèvement du niveau de formation de la population, faible au Maroc par rapport à des pays de niveau de développement similaire», a relevé le Centre de développement de l’OCDE, soulignant que les offres de formation universitaire, mais également technique et professionnelle, ne répondent pas suffisamment aux besoins du marché du travail. Pour cela, la réforme de l’éducation nationale et la formation approfondie doivent aller de pair.

«Alors que la population en âge de travailler croît de 230.000 personnes par an, l’économie marocaine a créé en moyenne 129.000 postes d’emploi par an depuis l’an 2000», a noté l’étude en expliquant que ces chiffres restent insuffisants face à la demande croissante d’emplois.

Pour le gouvernement, l’étude multidimensionnelle du développement au Maroc est une opportunité pour identifier les lacunes qui doivent être traitées, particulièrement celles liées au développement humain et à la réduction des inégalités sociales et spatiales au Maroc.

Il est à rappeler que le Maroc et l’OCDE ont signé, en 2015, un programme régional, dans l’objectif de réaliser une convergence qualitative entre les deux parties.

Plusieurs rapports, un seul constat

Ce n’est pas la première fois qu’un rapport pointe les dysfonctionnements et les mauvaises pratiques qui portent préjudice à l’image du Maroc, freinent son développement et accentuent la tension sociale. Outre le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) et le Centre de développement de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), plusieurs institutions se sont intéressées à cette question. Parmi elles, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) et la Cour des Comptes. Dans ce sens, le dernier rapport annuel 2016-2017 de la Cour a estimé que le renforcement de la bonne gouvernance, surtout dans les secteurs sociaux, doit jouir d’une plus grande attention. Les magistrats de la Cour ont ainsi relevé «l’absence d’une stratégie intégrée pour la mise en œuvre des programmes d’appui social et un manque de programmation cohérente de ses ressources et dépenses». S’ajoute à cela, comme souligné par la Cour, le manque de suivi et d’évaluation de l’impact d’autres programmes tous aussi importants, dont le Régime d’Assistance Médicale (RAMED). 

OCDE et corruption : Des efforts restent à faire

De grands efforts restent encore à déployer pour renforcer l’intégrité du secteur public. Dans son rapport intitulé «Diagnostic de l’intégrité au Maroc», rendu public en juillet 2018, l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) a pointé du doigt la non-activation de l’Instance nationale de probité et de lutte contre la corruption, bien que la loi y afférente ait été adoptée. L’OCDE a recommandé ainsi de mettre en œuvre le nouveau mandat de cet organe qui devrait développer un plan stratégique pour cibler ses activités. L’Organisation a également souligné dans son rapport que le Maroc doit accorder beaucoup plus d’importance à l’établissement d’un code de conduite destiné aux agents publics, afin de communiquer les attentes des citoyens auprès des décideurs. «Le Maroc est appelé à s’aligner sur les pratiques des pays de l’OCDE, dont la majorité a tracé des codes officiels relatifs aux normes comportementales, afin que les fonctionnaires exécutent leurs fonctions en toute transparence», a noté le rapport.

ML

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