samedi 21 avril 2018
Flash Infos

Accord de pêche Maroc-UE

En attendant le verdict de la Cour de justice de l’UE…

Plus que vingt jours avant l’annonce du verdict! Le 27 février courant, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) tranchera à propos de la validité de l’accord de pêche Maroc-UE, selon des sources informées à l’UE.

En attendant la décision finale de la Cour de justice de l’UE, le Commissaire européen à l’environnement, aux affaires maritimes et à la pêche, Karemenu Vella, qualifie le Maroc de «partenaire stratégique». Le responsable s’entretenait, il y a quelques jours, avec le ministre de la Pêche maritime, Aziz Akhannouch qui s’est déplacé à Bruxelles, le 23 janvier, pour faire le point sur la coopération entre le Maroc et l’UE, en particulier dans le secteur de la pêche maritime. Du moins, c’est ce qui a filtré de cette rencontre qui vient quelques jours seulement après les déclarations de Melchior Wathelet, Premier avocat général de la CJUE.

Si au Maroc, on ne s’est pas officiellement exprimé sur cet avis controversé, selon lequel l’accord de pêche de l’UE avec le Maroc ne peut s’appliquer aux zones sud, certains armateurs marocains tiennent à faire entendre leur voix. «La position du Maroc est claire. Il n’est pas question qu’une zone soit exclue de l’accord de pêche avec l’Union européenne. La position adoptée par l’avocat général de la CJUE est radicale. Car celui-ci n’a pas pris en compte les investissements ayant été faits dans les zones sud du Royaume. Alors que des investissements très importants ont été réalisés dans les régions sud du Maroc», souligne Larbi Mhidi, président de la Confédération nationale de la pêche côtière (CNPC). Dans son rapport, poursuit-t-il, la Commission européenne s’est d’ailleurs dite satisfaite de ces investissements.

Pour la première fois, dit-il, «un pays comme le Danemark, qui a toujours été opposé à l’accord, accepte la proposition de la Commission européenne d’entamer des négociations, en vue d’un nouvel accord avec le Maroc». Dans ce pays, notons-le, l’avis de l’avocat ne manquera pas de susciter également moult réactions. Le 11 janvier dernier, le gouvernement danois a adressé au Parlement une note d’information dans laquelle il souhaite la reconduction du protocole. «Si l’accord est signé, ce sera donc la première fois que les armateurs danois vont pêcher dans les eaux territoriales marocaines. Sachant que cela fait plusieurs mois que les pêcheurs danois font du forcing sur leur gouvernement pour accepter le lancement des pourparlers entre les deux parties», précise le président de la Confédération, qui désapprouve l’avis de l’avocat général de la CJUE, dont le verdict est très attendu, notamment par les professionnels de la pêche en Europe.

Depuis que l’avocat général à la Cour de justice de l’Union européenne, Melchior Wathelet, a émis, il y a près d’un mois, son «avis» très controversé, plusieurs représentations de pêcheurs européennes se sont élevées pour appeler la Cour à ne pas tenir compte des déclarations de l’avocat général. Même si cet «avis» n’est pas contraignant, comme tient à le souligner au Reporter (dans un entretien téléphonique) Javier Garat, président d’Europêches (Fédération européenne des entreprises de pêche), les pêcheurs de plusieurs pays à l’UE, particulièrement ceux d’Espagne, se disent inquiets du climat actuel qui pourrait, d’une certaine façon, affecter les prochaines négociations. Car, parallèlement à l’avis de l’avocat, Melchior Wathelet, le Polisario -avec certains eurodéputés- font, eux-aussi, leur lobbying pour la non-reconduction de l’accord de pêche. Cet accord, rappelons-le, profite à 200 chalutiers européens, dont une centaine de bateaux ibériques qui pêchent dans les eaux marocaines. Dans l’Andalousie, la Galicie et les Iles Canaries, trois régions autonomes concernées par l’accord de pêche en Espagne, les pêcheurs ne cachent pas leur condamnation des propos de l’avocat Wathelet. En attendant le verdict de la CJUE, ils multiplient les réunions pour prévenir sur les conséquences dramatiques du non renouvellement du protocole.

Naîma Cherii

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