lundi 23 octobre 2017

Le Festival Gnaoua, toujours aussi magique !

Festival gnaoua 2014

17 années après son lancement, le Festival d’Essaouira attire et fascine toujours les artistes et les spectateurs du monde entier. Preuve de son éclatant succès.

Le Festival Gnaoua et Musiques du Monde a encore une fois fasciné le public. La Ville des alizées a accueilli, durant quatre jours, des artistes exceptionnels. Au programme, trente concerts, six scènes et de grands noms du jazz, notamment Marcus Miller, Didier Lockwood et Ibrahim Maalouf.
En compagnie du trio Karim Ziad, Maâlem Hassan Boussou et Foulane Bouhssine, le violoniste Didier Lockwood a lancé, jeudi dernier (12 juin), cette 17ème édition du Festival d’Essaouira. C’est sur la place Moulay El Hassan que Hassan Boussou et le batteur Karim Ziad ont ouvert le bal. Après une trentaine de minutes, ils ont laissé place à Didier Lockwood, accompagné d’André Charlier à la batterie et de Benoît Sourisse à l’orgue. Ce groupe a charmé les festivaliers durant trente minutes. Et Charlier et Sourisse de rejoindre les loges laissant Lockwood seul sur scène. Le violoniste, Disque d’Or 1985, a envoûté le public avec un mélange de sonorités, notamment le flamenco, le swing et les musiques arabo-andalouses.

Vendredi 13 juin, les festivités se sont poursuivies avec la révélation de l’année, «Meta & the Cornerstones». Ce groupe sénégalais a séduit le public de la scène de la plage avec de la fusion reggae, soul et afropop. Après ce fabuleux concert, les festivaliers ont pu savourer la musique gnaoua grâce au Maâlem Abdelkabir Merchane. Ce gnaoui a offert au public l’étendue de sa virtuosité avec ses styles de prédilection, en l’occurrence le marousaoui (Essaouira), ainsi que le marrakchi. La scène Moulay Hassan, quant à elle, avait rendez-vous avec le pianiste français, Mario Canonge. Né en Martinique, ce jazzman a ébloui les festivaliers avec son clavier cosmopolite.
La soirée du samedi a commencé avec l’époustouflante prestation d’Ibrahim Maalouf. Muni de sa trompette à quarts de ton, inventée par son père Nassim dans les années 1960, le Franco-libanais a séduit le public de la Scène Moulay Hassan en livrant une intense prestation. Il a plongé le public dans une atmosphère de méditation, de contemplation et de recueillement. Ensuite, le trompettiste a laissé place au maâlem Mustapha Baqbou. L’artiste, qui fait partie du célèbre groupe Jil Jilala, a donné une leçon de musique tagnaouite en interprétant les morceaux avec un savoir-faire remarquable. Enfin, les festivaliers ont pu admirer l’un des plus grands bassistes du monde. Natif de Brooklyn en 1959, Marcus Miller est connu pour ses sessions de basse auprès de géants, tels qu’Eric Clapton, George Benson, Mariah Carey, Jay-Z, SnoopDogg et la liste est longue. Il a même fait des incursions dans l’opéra avec le ténor Kenn Hicks et la soprano Kathleen Battle. Lors du festival, l’Américain a livré une prestation hors norme sur la scène Moulay El Hassan. Il a enflammé le public d’Essaouira et a démontré l’étendue de son talent à travers sa maîtrise de l’instrument.
Dimanche, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde s’est clôturé sur un fabuleux concert avec une résidence «El Kasri & Kouyaté». Les spectateurs ont pu admirer une majestueuse symbiose entre les deux genres musicaux. «Nous avons répété juste une heure, en préparation à ce concert, mais la symbiose s’est vite installée et nous étions comme une seule famille sur scène. Ça s’est fait naturellement et c’est tout à fait normal, car nous partageons la même musique, même si chacun de nous a son propre style», s’est réjoui Mâalem Hamid El Kasri.
Pour sa part, Kouyaté a indiqué: «Le Gembri, instrument des gnaouas et le Ngoni que nous utilisons signifient la même chose. Même aujourd’hui, le Ngoni est appelé Gamabri dans certaines régions du Mali».

Anas Hassy
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Entretien avec Mario Canonge, pianiste de jazz

Mario Canonge Jazzman

Jazzman, aujourd’hui incontournable, il est reconnu tant pour son talent de pianiste que pour ses compositions riches et originales. Cela se traduit par une profusion de projets aux formes multiples. En tant que leader, il écrit quelques-unes des plus belles pages de la musique caribéenne de ces dernières décennies, avant de se tourner délibérément vers le jazz avec Rhizome. Cette orientation est une belle réussite comme l’illustre Mitan, son dernier album, unanimement salué par la critique.

Vous étiez étudiant en musicologie. Est-ce que le fait d’avoir fait ces études donne une approche plus académique à ce que vous produisez aujourd’hui?

Non, pas du tout. Sans renier ces 3 années d’études musicologiques que j’avais faites, ce n’est pas là où j’ai appris la musique. Ni spirituellement, ni dans le vocabulaire. J’ai appris la musique en échangeant avec les autres et en travaillant de mon côté. Je pense que l’université est une approche différente. C’est une approche qui permet d’avoir une formation pour pouvoir enseigner dans des collèges et des écoles; c’est autre chose. Il y a des avantages mais, pour moi, ça n’était pas plus que ça.

Vous vous êtes illustré dans plusieurs styles tels que le jazz, la salsa et le zouk. Quel est le rapport entre ce que vous faites et la musique gnaoua?

L’expérience que j’aurai avec la musique gnaoua est très enrichissante pour moi. Il faut dire que c’est une musique ancienne, ancestral et puissante comme le sont souvent les musiques traditionnelles. C’est une musique dans laquelle il faut venir et essayer de s’immiscer dedans, mais avec humilité pour pouvoir communiquer avec des choses qu’on ne connaît pas bien. Car la musique gnaoua, c’est une autre culture. Toutefois, lorsqu’on rentre dedans, je peux dire que ça pénètre le corps. C’est vraiment quelque chose de fabuleux.

Après avoir approché un grand nombre de styles musicaux, est-ce que vous ne vous sentez pas un peu perdu?

Non, pas spécialement. Les musiciens cherchent toujours à prendre le maximum des choses. D’ailleurs, c’est la raison de la musique: essayer d’apprendre tout au long de sa vie. Maintenant, si vous me demandez quelle est la musique que je préfère, celle qui m’a toujours attiré, c’est la musique jazz. En même temps, je ne renie pas la musique des Caraïbes, au contraire, je la défends. Mais en ce moment, je suis imprégné de cette musique jazz que j’aime. Globalement, j’aime tous les genres, notamment la musique classique, entre autres. Pour moi, ce qui compte, c’est d’essayer d’apprendre le maximum.

C’est la première fois que vous allez vous produire au Festival Gnaoua et Musique du monde. Comment avez-vous trouvé la ville d’Essaouira?

C’est la troisième fois que je viens au Maroc, mais comme vous avez dit, c’est ma première dans le Festival d’Essaouira. D’abord, Essaouira est une très belle ville. Une ville colorée et vivante qui bouge sans arrêt. Je ne sais pas si c’est comme ça toute l’année mais, actuellement, ça bouge de partout et même à cause du vent. En plus, on mange vraiment bien ici!

Interview réalisée par Anas Hassy

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