jeudi 17 août 2017

Culture et développement économique au Sahara

Conference culture economie sahara casablanca 2014

Une rencontre à fort caractère culturel pour comprendre le Maroc saharien, mais aussi pour découvrir les atouts de toute une région.

La Fondation Attijariwafa bank a organisé, mercredi 23 juillet, dans le cadre de son cycle «Échanger pour mieux comprendre», un f’tour-débat autour du thème «Entre culture et développement économique, voyage au cœur des provinces du sud». Une occasion de faire découvrir à un nombre important d’invités la richesse du patrimoine culturel et les potentialités économiques des provinces du sud qui demeurent encore peu connues.
Devant un parterre de plus de 200 personnalités du monde des affaires et de hauts responsables publics, la première partie de la soirée a été ponctuée par des morceaux musicaux présentés par la troupe Mnat Aïchata de Guelmim. Elle a été suivie par une intervention de Mme Zoubeir Hajbouha, experte auprès du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Hajbouha avait pris part à l’élaboration du programme de développement des provinces du sud. On apprend à travers son intervention que l’Etat contribue à plus de 30% du PIB des provinces du sud et est le premier employeur et le premier investisseur. L’économie est peu diversifiée avec une logique de rente dominante et le secteur privé reste très peu actif: seulement 1,2% de la production industrielle nationale.

Parmi les objectifs, il y a nécessité de passer d’une économie de rente à une économie de marché, afin de réaliser un développement responsable et durable.
Il s’agit aussi de valoriser les ressources naturelles et de garantir la répartition équitable de leurs bénéfices au profit des populations locales. Mme Zoubeir a mis en relief les potentialités économiques de la région, ses richesses et ses opportunités d’investissement, tout en insistant sur la responsabilité du secteur privé et le rôle qu’il est appelé à jouer pour contribuer à l’accélération du développement des provinces du sud.
Pour rappel, les besoins de la région en investissements sont estimés, dans le cadre de la feuille de route tracée par le CESE, à plus de 140 milliards de dirhams pour les 10 prochaines années. En effet, pour le CESE, pour avoir un environnement d’affaires favorable, il faudrait mettre en place une charte d’investissement incitative spécifique pour ces provinces et adopter un cadre fiscal clair, avantageux et valable sur une longue période (20 ans). Il faudrait aussi faciliter l’accès au foncier équipé et viabilisé au meilleur coût, sur la base de mécanismes transparents et de cahiers des charges précis et rigoureux. Pour cela, un accompagnement des PME/TPE et de l’économie sociale et solidaire est nécessaire: renforcer les structures et les prérogatives des CRI visant à soutenir l’investissement dans toutes ses phases, simplifier les procédures et démarches administratives et garantir les prêts bancaires issus du Fonds d’impulsion économique pour les provinces du sud. Sans oublier l’investissement dans les ressources humaines à travers la formation professionnelle initiale et continue, la création d’une faculté pluridisciplinaire à Laâyoune, la mise en place d’un système de formation par apprentissage s’appuyant sur les PME…
Après un intermède musical assuré par la même troupe Mnat Aïchata, la deuxième partie du f’tour-débat a débuté par une intervention en binôme du célèbre musicologue Ahmed Aydoun et du poète Taleb Bouya Laatigue qui ont alterné les explications sur les origines de la musique et poèmes hassanis; un héritage culturel immatériel qui reste une composante essentielle du patrimoine oral marocain. «La culture hassanie est tributaire à la fois des traditions arabes anciennes, d’un substrat amazigh et de quelques survivances subsahariennes», a expliqué M. Aydoun. La conférence s’est clôturée par une musique accompagnant la célèbre danse de la Guedra. Après ce f’tour, les invités ont découvert la richesse d’un patrimoine immatériel riche qui mérite toute l’attention et la curiosité requises.
Ce f’tour-débat a été aussi une occasion de réflexion sur plusieurs questions, entre autres: comment consolider et intensifier l’intégration économique des provinces du sud avec les autres régions du pays et faire de ces provinces un véritable Hub pour l’Afrique subsaharienne? L’accélération des investissements structurants et générateurs d’emplois dans la région n’est possible que si les opérateurs du secteur privé se joignent à l’État, dans le cadre de partenariats public-privé. Le Sahara a besoin d’une autre «Marche» basée sur des piliers économiques solides.

Bouchra Elkhadir

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