dimanche 16 juin 2019

Avec Jil Jilala et Nass El Ghiwane : La transe à Mazagan

Samedi 16 mars, Mazagan Beach a accueilli une soirée cent pour cent marocaine et cent pour cent Ghiwaniya.

Lors de cette soirée, le public était composé d’un échantillon de ce Maroc qu’on aime: jeunes, vieux, femmes voilées, non voilées… Il y avait même une famille qui s’est déplacée au complet, avec des enfants en bas-âge et la mamie dans sa chaise roulante… Un public venu un peu de partout, pour assister à cette soirée spéciale, puisqu’elle rassemblait Jil Jilala et Nass El Ghiwane. Deux troupes qui ont marqué, par leurs œuvres artistiques, l’histoire récente du Maroc, tout en puisant dans le patrimoine national immatériel: andalou, Malhoune, Ghiwani… Faut-il le rappeler, Nass El Ghiwane ont une relation assez spéciale avec le réalisateur américain, Martin Scorsese, qui avait déclaré: «Nass El Ghiwane sont les Rolling Stones de l’Afrique».

Le groupe Jil Jilala a animé la première partie de cette soirée, pour que Nass El Ghiwane lui succède sur scène. Un proverbe russe dit: «Cinquante brebis sans un berger ne font pas un troupeau». Eh oui, le grand maestro (le roi lion) était là. Il s’agissait de Omar Sayed, un des fondateurs du groupe Nass El Ghiwane. De même, on avait l’impression que feu Laarbi Batma et feu Boujmii étaient présents.

La troupe a été créée en 1963 et pourtant, elle draine toujours les foules et de toutes les générations. Les Marocains lui expriment leur gratitude, parce qu’’elle avait osé, pendant les années 1970, critiquer l’injustice de l’époque et crier haut et fort la rage que ressentaient le peuple, au lieu de se taire et dire: «Tout va très bien, Mme la Marquise!». Son répertoire est là pour le confirmer. Pourtant, à travers un tableau sombre, elle est parvenait à dégager la joie et la gaieté. C’est justement ce paradoxe qui faisait la particularité de ce groupe. Et sur scène, pas une ride! Avec élégance et assurance, elle arrive à scotcher le public, qui reste comme hypnotisé, contemplant ces grands artistes. Il suffit de quelques secondes pour que ce même public entre en transe, chantant par cœur tout le répertoire. Il est heureux de constater qu’après plus de cinquante ans d’existence, la troupe a toujours la même énergie. Elle garde l’esprit critique, puisque même si la page des années de plomb est tournée, sa dernière chanson «Nahla Chama» confirme la ligne du groupe consistant à dénoncer tout malaise dans la société marocaine. C’est cette spontanéité et cette profonde sensibilité qui expliquent cet amour des Marocains pour les Ghiwane. On peut dire la même chose pour Jil Jilala.

Il y avait également, lors de cette soirée, une agréable surprise. Il s’agissait d’un jeune artiste, Redouan Al Asmar, qui a subjugué le public. Multi-instrumentiste, il a merveilleusement joué «Al Hajhouj», avec une voix envoutante et un charisme exceptionnel. En effet, Al Asmar a une personnalité charismatique, avec ses racines sahraouies et son héritage de la musique hassanie. Ce qui lui donne tous les atouts d’un grand artiste. Un nom à bien retenir et qui ne manquera pas d’attirer sur lui, très prochainement, les projecteurs.

Bouchra Elkhadir

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