jeudi 23 novembre 2017

Sommet de l’UA : Le message du Roi du Maroc

Sa Majesté le Roi Mohammed VI a adressé un discours au 29ème  Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine (UA) qui s’est ouvert à Addis-Abeba. Voici les grandes lignes du discours royal, lu à l’ouverture du Sommet par le Prince Moulay Rachid qui représente le Souverain à ces assises panafricaines.

Dans ce discours, le Souverain a commencé par rappeler le Royaume du Maroc participe à son premier Sommet en tant que membre de l’Union Africaine, depuis son retour au sein de sa famille institutionnelle en janvier dernier. Le Royaume, relève Sa Majesté «conforte ainsi son action dans le continent et consolide ses liens multidimensionnels avec les pays africains frères. A la suite de la décision Historique d’Addis Abeba, le Maroc a poursuivi le processus d’accès aux instruments juridiques, afin de participer pleinement aux activités de l’organisation et contribuer à l’agenda de tous les organes. Comme il s’y était engagé, le Maroc a participé à toutes les réunions, selon l’esprit constructif que j’avais annoncé dans mon discours d’Addis Abeba : «Nous ne voulons nullement diviser, comme certains voudraient l’insinuer. Dès que le Royaume siègera de manière effective, et qu’il apportera sa contribution à l’agenda des activités, son action concourra, au contraire, à fédérer et à aller de l’avant».

Le Sommet traduit l’engagement des pays

Ce Sommet nous offre l’occasion de souligner l’engagement à la fois, sincère, responsable et indéfectible de nos pays, au service des causes et des intérêts du continent africain. L’action du Président Alpha Condé à la tête de notre organisation suscite notre admiration. En effet, grâce à son leadership et à sa clairvoyance, il mène des efforts remarquables de rationalisation des travaux de notre organisation. Il a adapté notre agenda pour répartir plus judicieusement le suivi des thèmes prioritaires, et il donne ainsi une grande visibilité à l’action de l’organisation.
Mes remerciements vont à Son Excellence Monsieur Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’UA, pour ses efforts inlassables en vue d’impulser une nouvelle dynamique au travail de la Commission, et pour accompagner l’élan de réformes au sein de Notre Organisation».

Le Maroc veut contribuer à l’émergence d’une Afrique forte

«Nous avons toujours été convaincus que l’Afrique peut transformer ses défis en authentique potentiel de développement et de stabilité. Sa croissance démographique, ses institutions, la migration et la jeunesse constituent des opportunités qu’il nous incombe collectivement de saisir.
Le Maroc veut contribuer à l’émergence d’une Nouvelle Afrique: une Afrique forte, une Afrique audacieuse qui prend en charge la défense de ses intérêts, une Afrique influente dans le concert des Nations. Pour définir cette nouvelle Afrique, il convient de s’affranchir de toute illusion, de rejeter les chimères. La Nouvelle Afrique que nous appelons de nos vœux doit au contraire s’appuyer sur une vision concrète et pragmatique, apte à faire naître une Afrique conquérante et solidaire.
L’Afrique est à la croisée des chemins et il nous incombe de choisir la bonne voie pour son émergence. A cette heure, les défis auxquels est confronté notre Continent prolifèrent: multiplication des acteurs non-étatiques donnant lieu à de nombreuses zones grises, menaces du terrorisme transnational et de l’extrémisme violent et impacts du réchauffement climatique.
Face aux nouvelles menaces qui guettent notre Continent, il est nécessaire que l’UA entame sa mue, afin d’apporter des réponses adéquates et appropriées. Pour ce faire, il est, à notre sens, fondamental que les Etats africains se fixent des objectifs réalistes et pragmatiques, basés sur les priorités réelles du Continent. L’Afrique n’a plus besoin de slogans idéologiques, elle a besoin d’actions concrètes et résolues dans les domaines de la paix, de la sécurité et du développement humain. 
Le Maroc a foi dans la capacité de l’Afrique de se renouveler et d’impulser son propre élan. Les limites de la coopération classique Nord-Sud pour relever le défi de l’émergence étant évidentes, l’Afrique doit faire un plus grand usage de la coopération interafricaine, ainsi que de partenariats stratégiques et solidaires entre pays frères». 

L’UA doit être en phase avec les défis

«L’UA doit être aujourd’hui un instrument au diapason des enjeux de notre Continent. Plus que jamais, elle doit être en phase avec les défis du moment. L’émergence de l’Afrique passe par une refonte de ses institutions continentales, refonte qui permettra de répondre pleinement et impérieusement aux enjeux qu’elle doit relever.
A cet égard, nous tenons à saluer le leadership du Président Paul Kagamé sur cette question si importante pour notre Continent africain; nous le félicitons pour son rapport, à la fois considérable et dense, qui contient des recommandations essentielles, pour établir des solutions «garantissant l’avenir de l’Union Africaine».
«L’impératif de renforcer notre Union» livre un diagnostic édifiant de l’état de l’UA et propose des recommandations réalistes et pragmatiques. Cet impératif est notre impératif. Plus que jamais, une vision transformatrice de l’Union Africaine est nécessaire. 
La réforme de l’Union Africaine constitue un chantier important, dans lequel le Maroc s’investira aux côtés de ses pays frères.
Notre famille institutionnelle doit évoluer vers une plus grande efficacité et une rationalisation de l’organisation panafricaine, afin d’être en phase avec les attentes des populations africaines. 
La mise en œuvre de cette réforme n’est plus un luxe, mais une impérieuse nécessité, au regard des enjeux et des défis considérables, que notre Continent doit relever».

Une politique tournée vers la jeunesse

«Une politique volontariste orientée vers la jeunesse canalisera l’énergie pour le développement. L’avenir de l’Afrique passe par sa jeunesse. Aujourd’hui près de 600 millions d’Africains et d’Africaines sont des jeunes. En 2050, 400 millions d’Africains auront entre 15 et 24 ans.
Cette progression souligne l’urgence d’orienter le dividende démographique vers l’émergence du continent. Une occasion inespérée s’offre ainsi à l’Afrique de bénéficier d’une main d’œuvre jeune, éduquée et abondante pour nourrir sa croissance économique. 
Chaque année plus de 11 millions de jeunes Africains font leur entrée sur le marché du travail alors que seuls 3 millions d’emplois sont créés. Plus de 70% des jeunes Africains vivent avec moins de 2 dollars par jour. 
Comment œuvrer pour résorber le chômage qui frappe de plein fouet la jeunesse du continent, puisque 60% des chômeurs sur le continent sont des jeunes?
La réponse réside dans un traitement volontariste du triptyque «éducation, enseignement supérieur et formation professionnelle» avec une exigence élevée de qualité.
Elle réside également dans les investissements conséquents, durables et judicieux qui doivent être entrepris dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la formation professionnelle et de l’emploi. 
L’investissement en faveur des jeunes, qui constituent près des 2/3 de la population du Continent, est fondamental. Cette action passe par une formation adéquate, une insertion douce et encadrée dans le monde du travail, une habilitation à prendre des initiatives pour créer de la richesse, pour exprimer ses talents et pour contribuer à l’essor du continent.
Une jeunesse africaine livrée au désœuvrement bloquera l’émergence tant souhaitée du Continent. Et si le défi de l’employabilité des jeunes n’est pas traité de toute urgence, cette carence aura pour conséquence leur désœuvrement, renforcera en conséquence leur vulnérabilité et le risque de leur radicalisation.
Près de 40% des personnes au chômage sont des recrues de choix pour les mouvements rebelles, les groupes extrémistes ou terroristes qui sévissent à travers le continent».
«L’Afrique perd ses jeunes, par la migration légale ou illégale. Cette déperdition est injustifiable. Le destin de nos jeunes est-il au fond des eaux de la Méditerranée ? Leur mobilité doit-elle devenir une hémorragie ? Il nous appartient au contraire de la gérer pour en faire un atout.
Des milliers de jeunes africains tentent clandestinement de gagner la rive nord de la Méditerranée, à la recherche d’une vie meilleure, avec tous les risques que l’on connaît. Ils sont des hommes de valeur, des ressources humaines pour notre Continent.
En tant que Leader, désigné lors du 28ème Sommet, sur la question de la migration, j’ai l’intention de soumettre une contribution axée sur la nécessité de développer une Vision africaine commune sur la migration, ses enjeux et ses défis. Il s’agit avant tout de modifier nos perceptions face à la migration, de l’aborder, non comme une contrainte ou une menace, mais comme une force positive. De tous temps, la migration n’a-t-elle pas été un facteur de rapprochement entre les peuples et les civilisations ?
Traiter le défi de la migration requiert une approche novatrice qui permette d’évaluer les causes, l’impact, d’envisager des solutions, notamment par la création de synergies entre les politiques de développement et de migration.
Nous devons travailler conjointement à l’élaboration d’un Agenda africain sur cette thématique; il articulerait une vision commune des voies et des moyens de traiter la question de la migration au sein de notre Continent et dans les instances internationales».

Contribuer à l’émergence de la Nouvelle Afrique

La Nouvelle Afrique tirera le meilleur de ses potentialités, car notre Continent regorge d’atouts immenses. Le Maroc veut contribuer à l’émergence de cette Nouvelle Afrique. L’Afrique doit se tourner vers son avenir avec détermination, en comptant essentiellement sur ses capacités propres. 
Nous le devons à nos peuples, nous le devons à notre jeunesse. La promesse de lendemains meilleurs et d’un avenir radieux ne doit plus être un slogan et encore moins un vœu pieux. Nous sommes tenus de joindre le geste à la parole pour nos générations futures, et pour une Afrique Nouvelle».

HD

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