vendredi 20 octobre 2017

Reportage express : Vu et entendu au FIFM…

Fifm decembre 2014

Qu’avons-nous retenu du Festival du cinéma de Marrakech? Tout ou presque a été dit. Mais ceux qui y étaient nagent encore dans les sensations des moments magiques partagés par tous. Rencontres avec les stars, cinéma à Jamaa el Fna, master-class, Cinécoles… 14 ans et pourtant…!

C’est par un froid glacial tout droit venu des montagnes de l’Atlas et sous de belles nuits étoilées que s’est déroulée la 14ème édition du Festival International du Film de Marrakech.
Pourtant, la cohue, animée par la passion, n’a rien senti de ce temps frisquet, trop impatiente de voir défiler les grands noms du cinéma étranger et national à chaque soir d’hommage.

Quid de cette nouvelle édition?

Le Palais des congrès où se tenait la majorité des événements était investi, du matin au soir, par une foule de cinéphiles pendant toute la durée de cette manifestation culturelle. Un rendez-vous d’envergure internationale, s’inscrivant régulièrement au mois de décembre, au Maroc, depuis 14 années et connaissant un succès grandissant à chaque édition. Chaque année, ce jeune festival se renouvelle, tend à asseoir et à consolider sa réputation de rendez-vous incontournable du film.
Marrakech, la cité ocre, s’est illuminée tout au long de ce festival au gré des projecteurs braqués sur ces vedettes internationales et nationales défilant sur le tapis rouge, des projections sur grand écran sur la place Jamaâ El Fna, des flashs de photographes professionnels et ceux d’amateurs venus nombreux pour cet événement rassemblant les professionnels du cinéma et le public.

Pendant ce festival, on pouvait voir Leila Hadioui prendre la pose en caftan, prendre des «selfies» avec ses fans. On pouvait rencontrer Hicham Behloul installé tranquillement sur la terrasse d’un café ou encore regarder Adel Imam faire le pitre devant les caméras malgré ses 74 ans. On pouvait même trouver nos acteurs dans le hall de leur hôtel.
Des admirateurs invétérés ont fait tous les hôtels susceptibles d’accueillir des acteurs. «Nous étions de passage à Marrakech avec toute notre petite famille. Notre période de vacances a coïncidé avec le festival. On a donc cherché les stars dans les hôtels, c’était amusant pour les enfants qui étaient excités à l’idée de se prendre en photo avec eux», a raconté cette mère de famille casablancaise.
Ce n’était pas une tâche facile étant donné le nombre d’hôtels à Marrakech. Pourtant, cette famille a été intelligente: elle a décidé de suivre l’itinéraire des voitures officielles du festival. «En fin de compte, c’était tout proche du Palais des congrès», a-t-elle ajouté.
«On a une chance incroyable de pouvoir accueillir chez nous des acteurs du calibre de Viggo Mortensen ou Jeremy Irons. Ce sont des acteurs au palmarès incroyable et pourtant, ils sont si modestes», a remarqué une cinéphile rencontrée après l’hommage de Viggo Mortensen.
Viggo Mortensen, qui a appris à parler Darija lors du tournage de son dernier film réalisé par David Oelhoffen, a su charmer le public marocain avec sa maîtrise du dialecte. «Quand je suis ici, je me sens comme chez moi», a-t-il lancé avec une saisissante émotion lors de la soirée consacrée à son hommage dans une parfaite Darija, ce qui n’a pas manqué de faire un petit quelque chose dans le cœur des Marocains.
Le Festival de Marrakech 2014, ce sont aussi les nippons qui l’ont honoré par leurs 26 films et, surtout, par leur présence. Les Japonais ont été l’une des perles de ce festival; ils ont partagé avec le public marrakchi -et pas seulement marrakchi, puisque les amoureux du film ont fait le déplacement de leurs villes des quatre coins du Maroc uniquement pour assister à cet événement- des millésimes de ce cinéma surdoué. «Les Japonais nous ont donné une réelle leçon d’humilité et leur présence en grand nombre témoigne du respect et de la considération qu’ils ont à l’égard de notre festival», déclare un spectateur accompagné de sa femme, lors de l’hommage au cinéma japonais. C’était en effet un hommage particulièrement touchant. Le public a fait une longue ovation à ces figures emblématiques du cinéma nippon, notamment à Hirokazu Kore-Eda, le réalisateur, scénariste et producteur qui a conduit la délégation japonaise cette année et qui, par ailleurs, avait reçu l’année précédente l’Etoile d’Or à Marrakech consacrant son œuvre cinématographique.
«Je n’aurais jamais pensé que les films japonais étaient aussi géniaux. En l’espace d’une semaine, j’ai découvert le génie des Japonais. J’ai vu une sélection de films qui ont marqué leur décennie. C’était incroyable», a raconté avec enthousiasme un spectateur tout juste sorti d’une projection au Cinéma Colisée.
On aime…!
Qu’est-ce qu’on aime?
Les projections en audio-description qui permettent de faire plaisir à tout le monde et qui montrent qu’on n’oublie pas le spectateur dont la langue n’est pas celle de la version originale du film. Les master-class animées par des ténors du cinéma, sans oublier le clou du spectacle: la compétition «Cinécoles» qui donne la possibilité à des jeunes de participer avec leur court-métrage à cette belle aventure qu’est le Festival Marrakech. Et on aime particulièrement les projections sur la place Jamaâ El Fna en présence de Jeremy Irons, d’Adel Imam ou encore de Viggo Mortensen et toute l’équipe de son dernier film «Far From Men» (Loin Des Hommes) présenté en Hors Compétition…

YS

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Ils ont déclaré…

Leila Hadioui (2ème jour du festival)

Leila hadioui

Ses impressions: «C’est une ouverture intéressante comme chaque année. C’est vrai que cette année, on sent que c’est zen, moins mouvementé. Sinon, c’est bien: chaque année, on a de nouvelles têtes, un nouveau thème est là et l’hommage aux Japonais; donc, c’est bien de connaître leur travail, leur culture, etc. Et puis, chaque année, c’est autre chose. Son côté pimenté (du Festival de Marrakech), ça change chaque année… On sent qu’il y a de l’organisation et qu’ils ont vraiment tout fait pour que ça se passe bien et dans les meilleures circonstances».

Ses projets: «J’aimerais bien refaire un long-métrage. J’attends juste que je trouve le bon scénario qui me plaise, qui me branche, avec un bon réalisateur et de bons acteurs. Je suis là, j’attends».

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Khalid Benchegra

Khalid benchegra

«Cette édition promet et ce n’est que le début. Quand vous voyez des monstres qui sont sacralisés ici à Marrakech, c’est quand même un honneur pour Marrakech d’abord et pour le Maroc, le cinéma marocain et même méditerranéen. L’étoile de Marrakech a pris de la valeur depuis Jeanne Moreau… Je me rappelle une phrase qu’elle avait dite: ”Je décroche une étoile du ciel de Marrakech et je la donne à Francis Ford Coppola”. Je faisais partie de cette aventure depuis le début. On a pu penser, comme disait Jeremy Irons tout à l’heure, que c’était quasi impossible après les événements du 11 Septembre de faire un festival comme ça. Et quand même, on l’a fait et c’était super. C’était la naissance. Maintenant, ça prend de l’ampleur, ça se bonifie».

Ses projets: «Je ne chôme pas, j’ai pas mal de projets qui sortent à gauche et à droite à travers le monde. J’ai un film marocain en post-production qui promet. C’est une petite surprise. Il y a des choses qui sont déjà écrites et en attente. Pour moi, faire un film pour faire un film, c’est non. Je dois partager avec les gens… Pour moi donc, 30 secondes de réflexion sur un long-métrage d’une heure et demie… et c’est dans la poche! Alors quand je ne trouve pas ces 30 secondes, je dis: je préfère m’abstenir».

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Abdellah Toukouna (Ferkouss)

Ferkouss

«J’ai participé à ce festival depuis sa création et chaque édition a ses propres spécificités et apporte des nouveautés. Celle-ci est bien, elle a rendu hommage à Adel Imam et à des acteurs mondialement connus. On a pu regarder de bons films internationaux et puis, il y a eu la présence des Marocains. Des acteurs marocains, des réalisateurs et producteurs… Ce festival est profitable au Maroc, à la ville de Marrakech et aux artistes marocains. C’est devenu une sorte de fête de mariage où on se retrouve chaque année. Et c’est ça ce qui distingue ce festival».

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Rencontre avec eux…


Durant ce festival, Le Reporter a réalisé une série d’interviews avec des acteurs et cinéastes marocains. Notamment, le réalisateur Yassine Fennane qui vient de signer son premier long-métrage qu’il a présenté durant cette édition 2014 du FIFM. Abdellah Toukouna, communément appelé «Ferkouss», nous a livré ce qu’il pensait du festival. Il nous décryptera la façon avec laquelle le monde du cinéma et du théâtre évolue. Il nous parlera aussi des projets qu’il tient en parallèle avec son métier de comédien. Noureddine Lakhmari, le réalisateur de Casanegra, de Zéro et de films à succès, nous parlera, lui, de son prochain film et s’expliquera sur ses motivations. Pour finir en beauté, une entrevue avec le grand Mohamed Khouyi qui a reçu en 2013 un hommage au festival de Marrakech. A paraître dans nos prochaines éditions.

YS

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Et l’aventure continue…

Le Festival International du Film de Marrakech (FIFM) a pris fin, après avoir récompensé le meilleur film, le meilleur scénario et les meilleures interprétations féminine et masculine.

Le rideau est tombé sur la 14ème édition du Festival International du Film de Marrakech, ce samedi 13 décembre et c’est le film russe «Corrections Class», du jeune réalisateur russe Ivan I. Tverdovsky qui a remporté l’Etoile d’Or. Il s’est distingué parmi 15 films en compétition. Le Prix a été remis par la présidente de cette édition, l’actrice française Isabelle Huppert. Inspiré d’un roman «Corrections Class», il traite de l’insertion des personnes handicapées en milieu scolaire. Le Prix de la mise en scène est revenu au réalisateur indien, Aditya Vikram Sengupta, pour son film «Labour of Love», alors que le Prix du jury a été attribué au film suisse «Chrieg» de Simon Jaquemet. Ce film a également valu au comédien Benjamin Lutzke le Prix d’interprétation masculine. Pour sa part, la comédienne française Clotilde Hesme a décroché le Prix d’interprétation féminine pour son rôle dans «Le dernier coup de marteau» d’Alix Delaporte.
Au total, quinze longs-métrages étaient en lice dans le cadre de la compétition officielle de cette édition du Festival de Marrakech, représentant le Japon, les Etats-Unis, l’Inde, l’Egypte, la France, la Russie, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud, la Serbie et l’Azerbaïdjan, ainsi que deux coproductions franco-germano-iranienne et hongro-slovaque.
Quant au Prix de la compétition du court-métrage «Cinécoles», exclusivement ouverte aux étudiants des écoles marocaines de cinéma et destinée à encourager les jeunes talents du 7ème art national, il a été remporté par Essam Doukhou pour son court-métrage «Dalto». Pour mémoire, sur les dix courts-métrages en lice cette année, on citera «1920» de Yassine Gaamer, «Dolls» de Mohammed Oudghiri, «En dehors de la ville» de Rim Mejdi, «Fabulari» de Dalal Tantaoui et «Goodbye cinéma» de Madane El Ghazaouani. A souligner que le jury de «Cinécoles» était présidé par le réalisateur, scénariste et producteur mauritanien, Abderrahmane Sissako et comprenait la réalisatrice, scénariste et comédienne américaine Zoe Cassavetes, la comédienne française Ana Girardot, le comédien et réalisateur marocain Driss Roukhe, la comédienne et réalisatrice franco-italienne Elisa Sednaoui et le comédien français Gaspard Ulliel.

Prix du court-métrage Cinécoles

Créé en 2010 pour la 10ème édition du Festival International du Film de Marrakech, ce concours de courts-métrages est destiné aux élèves des instituts et écoles de cinéma au Maroc. A travers cette compétition, la Fondation du FIFM donne l’occasion à ces cinéastes en herbe de présenter leurs films dans le cadre d’une manifestation prestigieuse. Mais il n’y avait pas que ça. Doté par son Altesse royale le Prince Moulay Rachid, président de la Fondation du Festival, d’un montant de 300.000 dirhams, le Prix du court-métrage Cinécoles a été remis au lauréat pour la réalisation de son second métrage. La dotation devrait être utilisée pour un nouveau film réalisé et achevé dans les trois ans qui suivent la remise du Prix.

BEK

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Festival de Marrakech : l’engagement humanitaire aussi…

Rachid bahloul fifm humanitaire

En marge de sa 14ème édition, le Festival International du Film de Marrakech organise une nouvelle campagne médico-sociale consacrée à la chirurgie de la cataracte à Tahanaout. La 2ème étape de la campagne cataracte 2014 est soutenue par les artistes marocains Hicham Bahloul, Fatima Tihihit et Kamal Kadmi. Encadrée par une équipe médicale composée de 20 praticiens spécialisés, membres de la Fondation Hassan II d’ophtalmologie et soutenue par le staff médical de l’Hôpital Mohammed VI de Tahanaout, la campagne permettra à plus de 400 malvoyants démunis de la région de Marrakech-Tensift-Al Haouz de recouvrer la vue et de jouir pleinement de leur citoyenneté. La campagne 2014, dont la première étape s’est tenue à Dakhla en septembre dernier, renforce ainsi le capital engagement social du Festival de Marrakech. L’action humanitaire de chirurgie de la cataracte, initiée dans le cadre du Festival de Marrakech, est un moment culturel remarquable. Elle a pour ambition de favoriser l’accès au cinéma pour tous, en particulier dans les zones et régions dépourvues de salles de cinéma et de foyers de culture en général…
Le Festival de Marrakech organise deux campagnes de chirurgie de la cataracte par an. Celles-ci ont concerné jusqu’à présent les régions de Marrakech (2009-2010), Marrakech, Rabat et Tiflet (2011), Marrakech, Tata et Guelmim (2012), Demnate et Tahanaout (2013) et Dakhla (2014). Elles ont été précédées d’opérations de dépistage dans les hôpitaux et les centres de santé locaux.
Cette action humanitaire a bénéficié par le passé de l’appui solennel d’artistes de renom: Hélène de Fougerolles, Youssra, Marie Gillain, Sridevi, Saïd Naciri, Rachid El Ouali, Aziz Dades, Asmae Khamlichi, Khadija Assad, Aziz Saadallah et Mohamed Khouyi.

«Le Majordome» pour les malvoyants

Pour la septième année consécutive, la Fondation du Festival international du film de Marrakech adapte le cinéma à tous les cinéphiles, y compris les malvoyants et non-voyants, pour assister aux projections de films adaptés en audio-description. Ce public a pu assister, samedi 13 décembre, au film «Le Majordome» de Lee Daniels, avec Forest Whitaker dans le rôle principal. L’histoire est celle d’un jeune Américain en quête d’un avenir meilleur dans les années 60-70, en proie à la tyrannie ségrégationniste qui va devenir majordome à la Maison Blanche.

BEK

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