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Amnesty accuse, le Maroc récuse

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Le rapport 2009 d’Amnesty International pointe du doigt le Maroc sur diverses questions. Du côté marocain, ces accusations sont jugées non fondées.

Amnesty International a publié dernièrement son rapport 2009. Ce document rassemble des informations sur la situation en matière de droits humains de 157 pays dont le Maroc. Le tout sur la base de certains événements majeurs survenus en 2008.

Dans son nouveau rapport, Amnesty International reproche au Maroc notamment les faits survenus à Sidi Ifni, l’interpellation du Blogueur Erraji et celle du jeune auteur de l’inscription « Dieu, la patrie et le Barça », l’affaire du mariage homosexuel de Ksar-el-Kebir, l’incarcération des étudiants de Marrakech… Sur un autre registre, on peut lire dans le même document : « les forces de sécurité ont fait usage d’une force excessive pour disperser des manifestations antigouvernementales ».

Amnesty International s’en prend aussi au Maroc sur la question de l’immigration, l’accusant d’avoir expulsé des milliers d’étrangers soupçonnés d’être des migrants clandestins. « Ces personnes auraient dans certains cas eu recours à une force excessive ou à d’autres formes de mauvais traitements ; d’autres personnes ont été abandonnées dans des zones inhospitalières proches de la frontière sud du pays, sans assez d’eau ou de nourriture », notent les auteurs du rapport. Ils soulignent sur le même sujet que les autorités marocaines ont annoncé qu’entre janvier et novembre, elles avaient refoulé 10.235 étrangers qui tentaient d’entrer dans le Royaume.

Autre grande accusation portée à l’encontre du Maroc, celle relative à l’impunité. Laquelle restait, selon Amnesty International, « un élément essentiel de la politique dans pratiquement toute la région (du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord». « Le processus visant à établir la vérité sur les disparitions forcées du règne de Hassan II semblait paralysé », précise l’ONG pour ce qui est du Maroc.

L’une des rares avancées que comporte le document d’Amnesty International est celle relative à l’annonce faite, en décembre 2008, par le Souverain concernant la levée des réserves qui étaient émises par le Maroc lors de la ratification de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

Commentant les conclusions d’Amnesty International relatives à la situation des droits de l’Homme au Maroc, le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement a affirmé que l’on a besoin d'un peu plus de relativité pour porter un jugement aussi objectif que possible, lorsqu’on est défenseur des droits l'homme.

Khalid Naciri a donné l’exemple du cas d'un prisonnier au Sahara qui a été présenté par la presse internationale comme « un détenu d'opinion, un prisonnier politique qui serait à son 53ème jour de grève de la faim et qui serait dans le coma ». « C'est ce genre d'informations totalement fausses qui sont répercutées auprès d'un certain nombre d'ONG internationales et qui sont parfois, par manque de vigilance, prises en défaut », a regretté le ministre, soulignant que « la personne en question n'est pas un détenu d'opinion mais un tueur à moins que l'on considère que le fait de tuer des policiers soit une sorte d'expression des droits de l'homme ». Naciri a aussi précisé qu'il s'agit « d'un jeune séparatiste qui a écopé de 15 ans de prison dans un procès ordinaire, qu'il n'observe pas de grève de la faim et qu'il n'est pas dans le coma, contrairement à ce qui a été rapporté par une certaine presse ». Et le ministre de conclure : « c’est un autre Maroc, le regard porté sur le pays il y a 15 ou 20 ans n'est plus valable aujourd'hui. Les analystes internationaux et Amnesty International ont le devoir de réactualiser leur perception du Maroc pour ne pas donner l'impression de rééditer de vieux clichés ».

Khalid Naciri a réagi alors qu’il n’avait pas encore pris le temps d’étudier le rapport d’Amnesty International, comme il l’a lui-même affirmé. Que dira-t-il alors quand ce sera fait ? Par exemple, la fameuse inscription « Dieu, la patrie, Barça » n’a jamais existé.

 

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