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Dossier : Rêve de femme

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Depuis Feu SM Mohammed V, les Rois du Maroc ont tous eu des gestes forts en faveur de la femme. Qu’en a-t-il résulté ? Où en est-on aujourd’hui ? Que peut-on prévoir pour demain ?

Pourquoi lancer la réflexion à partir des Rois du Maroc pour analyser la situation de la femme dans ce pays ?

Parce que la situation de la femme dépend, d’abord et avant tout, quel que soit le pays où elle se trouve, de la volonté politique des dirigeants du pays et qu’au Maroc, la plus haute autorité, c’est le Roi.

Bien sûr, il y a les militantes et les militants, les différentes ONG et leur inlassable (et remarquable) combat pour faire avancer les lignes. Mais tout ce monde-là voit également son champ d’action s’élargir ou se rétrécir en fonction de cette volonté politique.

Bien sûr aussi – et c’est assez paradoxal- les pouvoirs du Roi que l’on dit illimités se heurtent, quand il s’agit de l’émancipation de la femme et du code de la famille, aux dogmes inflexibles des Oulémas (jurisconsultes constituant une autorité religieuse en principe inférieure à l’autorité religieuse du Roi, Amir Al Mouminine, mais qui ont toujours été de farouches gardiens du temple..).

Pour autant, le maximum que la femme puisse obtenir, légalement, au Maroc, ne peut venir que du Roi.

Chacun des trois Souverains a d’ailleurs eu « ses » gestes audacieux par rapport à son époque.

Il y a quelque 60 ans en arrière, Feu SM Mohammed V avait présenté, aux yeux du pays et du monde, sa fille Lalla Aïcha, habillée à l’occidentale, les cheveux découverts… C’était une révolution !

La même Lalla Aïcha avait été envoyée en poste à Londres, comme première femme ambassadrice du Maroc. C’était encore une révolution dans tous les pays arabes et musulmans.

Sous le règne de Feu SM Hassan II, les femmes ont eu le temps d’évoluer en près de 40 ans. Elles ont fait leur entrée au gouvernement, au Parlement… Elles ont représenté la diplomatie de leur pays, occupé quasiment tous les postes -que ce soit des postes de responsabilité ou non- et exercé tous les métiers, y compris celui de pilote ou de chauffeur de taxi…

Les gestes forts de Feu SM Hassan II ont été nombreux, mais celui que tout le monde attendait n’a pas pu être plus fort que ce qu’il a été. Il s’agit de la première révision de la Moudouwana (code de la famille).

Elle a eu lieu en 1993, après une mobilisation des associations féminines, mais n’a pu apporter que de petites retouches aux dispositions de la tutelle matrimoniale, de la garde des enfants, de la polygamie et de la répudiation. C’était tout ce qui pouvait passer entre les fourches caudines des Oulémas.

Feu SM Hassan II avait ensuite enchaîné les gestes, dans une sorte de politique des petits pas. Suppression de l’autorisation du mari pour l’obtention du passeport en 1994, suppression de l’autorisation du mari pour l’exercice du commerce, l’année suivante, création d’un ministère chargé de la condition féminine en 1998.

En 1999, c’est le nouveau règne. Celui de SM Mohammed VI.

Les premiers gestes royaux sont alors d’une très forte symbolique. Le nouveau Roi abolit le système du Harem et présente au monde celle qui deviendra son unique épouse et la mère de ses enfants : SAR la Princesse Lalla Salma. Une Princesse moderne que l’on voit à la télévision, qui voyage seule et qui a des activités comme seules y avaient droit les filles du Roi, sous les règnes précédents (jamais les épouses).

Geste fort dans sa propre vie privée, suivi –pour le plus grand bonheur des Marocaines modernistes qui voyaient une irrépressible lame islamiste monter- d’un geste fort au niveau du droit.

Deux ans à peine après son accession au Trône, le Roi Mohammed VI mettait en place une commission chargée de la révision de la Moudouwana. Elle était composée de magistrats, de représentants d’ONG féminines et de la société civile, puis de… Oulémas ! C’était en 2001.

S’étant mise au travail, la commission tentait surtout de surmonter ses dissensions…

Entre temps, les choses s’accéléraient pour la femme.

Des réformes ont été apportées aux textes relatifs à l’état civil (égalité du père et de la mère pour déclarer leur enfant, possibilité pour la femme divorcée qui a la garde des enfants d’obtenir un duplicata du livret d’état civil). Réformes également apportées au code de procédure pénale (dont une qui permet à la femme mariée d’avoir recours à la justice aux mêmes conditions que le mari) et au code du travail (non discrimination entre les hommes et les femmes en matière de salaire, harcèlement sexuel sur les lieux du travail reconnu comme faute grave, prolongement de la durée du congé de maternité de 12 à 14 semaines).

En 2002, le scrutin de listes était adopté dans le cadre de la révision de la loi organique du Parlement. Aux élections législatives de la même année, les partis politiques réservaient une liste nationale de 30 sièges aux femmes. Grâce à ce système, 35 femmes faisaient leur entrée au Parlement (soit 10% du total des députés).

Quant au nombre de femmes élues aux élections communales, il était de 127.

Mais l’événement le plus marquant fût, sans conteste, l’adoption d’un nouveau code de la famille en janvier 2004.

C’est le Roi en personne qui avait tranché dans les différends de la commission et qui avait pris des décisions unanimement reconnues comme exceptionnelles, dans la mesure où elles faisaient faire un indiscutable bond en avant aux droits de la femme, sans battre en brèche le moindre précepte religieux. Un véritable tour de force que même les islamistes reconnaissaient.

Parmi les dispositions révolutionnaires du nouveau code de la famille, celle qui reconnaît à l’homme et à la femme une égalité en droits et responsabilités ; l’égalité au niveau de l’âge du mariage (18 ans pour l’homme comme pour la femme) ; la répartition des biens acquis pendant le mariage entre les deux époux ; le renforcement du droit de garde de la mère… Il y a aussi le fait que le ministère public doit désormais être partie prenante dans toute action portant sur l’application du Code de la famille, avec une réglementation du divorce, une réglementation de la polygamie qui est soumise à l’autorisation du juge, la mise en place de sections spécialisées dans le droit de la famille au sein des tribunaux de première instance…

Le rêve de la femme marocaine pouvait alors se réaliser.

Quel rêve ? Il est le même que celui de toutes les femmes du monde : vivre dans la dignité en citoyenne à part entière.

De 2004 à aujourd’hui, que peut-on en dire ? Ce rêve s’est-il réalisé ?

Non, bien sûr. Pas totalement.

Car, après la volonté politique, vient la concrétisation. Or, celle-ci se heurte souvent à la pratique et aux mentalités. Lors d’une journée d'étude qui a eu lieu à Rabat, ce 28 février, le constat n’était pas à l’euphorie.
Organisée par l'Association Jossour, Forum des femmes marocaines en collaboration avec l'Association américaine des avocats et des juges (ABA), la journée dont le thème était « Cinq années d'application du Code de la Famille : Bilan et perspectives » en a conclu qu’il y avait des contraintes d'application du Code de la Famille et qu’il fallait y faire face.

Même le ministre de la justice, Abdelouahed Radi (dont l’intervention a été lue en son absence) reconnaissait que « l'application du Code a donné lieu à l'apparition de certaines problématiques qui doivent être recensées pour assurer la concrétisation des nobles objectifs de ce texte ».

Il y a donc une forte résistance des milieux les plus traditionnels. La corruption continue aussi de jouer un grand rôle. La loi est contournée…

Les choses ont évolué, mais pas pour toutes les femmes. Seulement pour celles qui savent et ont les moyens de se défendre.

L’avenir n’est cependant pas sombre. La volonté politique, doublée du combat déterminé des ONG et associations, finira bien par avoir raison des résistances.

Il faut juste faire en sorte que cela ne traîne pas trop et rester vigilants sur de possibles retours en arrière dans la pratique, notamment dans les milieux dominés par le pouvoir politico-religieux et en cas de réussite électorale des islamistes.

Une chose est sûre, le Roi ne se laissera pas déposséder d’un acquis que la femme marocaine lui doit et pour lequel il est donné en exemple aux quatre coins de la planète.

Sans compter que la communauté internationale est très sourcilleuse sur les droits de la femme.

Pas de pessimisme, donc ? Juste poursuivre le combat !

B. Amrani

 


SAR la Princesse Lalla Khadija, la génération de l’espoir ?

SAR la Princesse Lalla Khadija

La cadette du Roi, SAR la Princesse Lalla Khadija est née le 28 février 2007. A peine quelques jours avant la journée internationale de la femme.

Son anniversaire –deux ans, cette année- coïncide donc avec l’événement.

Elle est le symbole d’une génération dont on espère qu’elle surmontera toutes les injustices que subit aujourd’hui la femme, marocaine ou non..

 

 



Rêves de femmes

Nous avons demandé leur(s) rêve(s) le(s) plus cher(s) à différentes femmes. Ces dernières ont bien voulu s’exprimer, à titre personnel. Voici leurs confidences.

 

Fatéma Chahid
poète, écrivain, consultante en communication

 

J'ai perdu ma seule fille à la naissance. Je n'ai jamais vu son visage ni entendu son cri premier. Je l'ai portée 9 mois, elle n'a vécu qu'un jour... Douloureux rapport mathématique.
J'ai toujours été fortement interpellée par la condition, au Maroc,  des petites filles issues de familles que le sort n'a pas particulièrement favorisées, qu'elles soient rurales ou citadines, mais plus sensible encore depuis que ma fille a effleuré la vie en un instant fugace puis s'en est allée... Elle vit dans chacune de ces petites filles, devenues encore plus miennes par le rêve que j'ai pour elles...

A celles qui portent un tablier, non pas d'école, mais de bonne à tout faire, qui se réveillent aux aurores, non pour aller à l'école, mais pour préparer le petit déjeuner d'autres enfants, qui eux vont à l'école...
A celles qui plient sous les coups et les insultes des maîtres
A celles qui n'ont ni  jouets ni beaux vêtements, mais doivent ranger ceux des autres
A celles qui servent à table de plantureux repas mais n'en mangent que les restes
A celles qui travaillent dans les champs, visage buriné, joues déjà fanées
A celles dont le dos fragile est cassé sous de lourds fagots
A celles qui mendient aux carrefours des villes
A celles violentées, blessées et trop tôt femmes
A celles qui pleurent dans le secret de leurs nuits
A celles privées d'éducation, de savoir et de connaissance, de soins et de droits,
A celles sans rires et sans espérance, sans avenir et sans délivrance

Je pense à vous, petites filles graciles, chrysalides aux papillons avortés...
Je rêve de vous voir un jour délivrées du joug de l'injustice et de l'infortune, le regard brillant posé sur toute chose qui vous transcende et vous émerveille, la tête riche de savoir, pleine de rêves et d'étoiles, le visage radieux d'une future femme, et votre main écrivant toujours, en chaque geste de chaque étape de votre vie, le mot Liberté!...

 

Safaa Kaddioui,

Chargée des Affaires culturelles, Délégation de la Commission européenne

 

Mon rêve ? J'en ai plusieurs...

Rêve 1 : Je rêve...  de pouvoir marcher, me promener, me balader dans la rue...

Cela peut être ridicule comme rêve, mais demandez à toutes les femmes au Maroc et elles vous diront que j'ai raison..

Je rêve de marcher dans la rue, de jour comme de nuit, sans être regardée, jaugée, détaillée de la tête au pied comme si j'étais le vulgaire objet sexuel que chaque regard d'homme marocain jeune ou vieux croisé dans la rue, me renvoie.

Je rêve de marcher sans être harcelée, sifflée, sans être suivie par quelqu'un qui me supplie de lui répondre...

Je rêve de marcher sans commentaires..

 

Rêve 2 : A défaut de marcher dans les villes, j'essaie, quand je peux de marcher en montagne, dans les campagnes, ou partout ou je peux le faire en groupe..

Mon rêve à ce moment là est de ne plus croiser de femmes pliées sous le poids du bois ou des herbes qu'elles portent pour amener de la nourriture aux animaux, et pour chauffer et cuisiner... J'en ai vu dans le rif, dans le moyen Atlas, dans le Haut Atlas dans l'anti Atlas, dans les gorges, au sud, partout...

Des femmes, jeunes, vieilles ou seulement vieillies par le poids de ce qu'elles font, endurent et portent, souriantes et qui marchent pliées sous le fardeau qu'elles portent !

  

Rêve 3 : Qu'on redevienne écolo comme avant ! Boire du soda dans des bouteilles en verre et payer la consigne chez l'épicier, emmener un grand panier en osier pour faire les courses, réduire le nombre d'ampoules dans les maisons, fermer le robinet comme au temps où l'eau était rationnée... Et surtout DIABOLISER MIKA ...


Maria Naciri

Chanteuse dans l'âme de jazz et soul, animatrice, organisatrice d'événementiels…

Mon ou mes rêves sans être dans un fauteuil de psy et en analyse, sont surtout des idéaux de Vie car quand j’étais môme, mon plus grand rêve était de chanter devant 50 personnes (!), alors à presque 20 ans de bonheur d'exercer comme métier ma passion, d'en gagner ma vie honorablement et correctement, c'est un rêve largement bien réalisé. Mais mon ambition ou mon rêve demeure de faire encore et encore de belles et prestigieuses scènes jusqu'a mon dernier souffle. Je reste à 41 printemps une éternelle grande enfant qui palpite toujours et veut aller au bout de ses rêves…
Mon rêve en tant que Marocaine, c'est de ne pas voir mon pays sombrer dans l'obscurantisme, mais de le voir aller de l'avant dans le respect des valeurs morales et de la famille sans aucune forme d'extrémisme. Citoyenne engagée, je veux aider autant que faire se peut les personnes démunies, malades, seules, brimées, battues, analphabètes… Si j'avais une baguette magique, je bannirais misère, violence, analphabétisme, guerre, racisme… 
En tant que Femme, je rêve d’avoir un enfant et d’adopter un enfant d'un orphelinat et lui donner un foyer d'Amour, et une fratrie.

Je rêve aussi de trouver un médicament pour l'Alzheimer pour pouvoir sauver ma grand-mère !!

 

Bouchra Ijork, réalisatrice, actrice, journaliste…

 

Quad j’étais enfant, mes rêves étaient nombreux, sans limite. Je rêvais de voyager, de voler plus haut, plus loin comme un papillon. Je rêvais de devenir chanteuse, de rencontrer des stars, des célébrités. Les années sont passées, j’ai pu réaliser certains de mes rêves d’enfance. Mais je rêve encore d’en réaliser d’autres. Certains sont difficiles à exaucer. Je rêve de la cité idéale, d’un monde sans guerre, sans injustice. D’un Maroc sans corruption. D’un royaume de l’art et de la culture. Ce sont là mes rêves dont je ne me lasserai jamais d’attendre la réalisation. Mais mon rêve secret je le garde enfoui en moi. Celui-là, je ne le partage pas, je n’en parle pas…    

 

 

 

Nouzha Skalli

Ministre du Développement Social de la Famille et de la Solidarité

 

Vous prenez le risque de me demander quel est mon rêve alors s’il vous plait, laissez-moi rêver et donner libre cours à mon rêve. Ne me jugez ni utopique ni démagogue ni rien d’autre qu’humaniste et rêveuse !

Mon rêve est celui pour lequel je n’ai cessé de lutter depuis ma tendre jeunesse. C’est celui d’une société fondée sur l’égalité des chances et la mobilité sociale. Je rêve d’un Maroc de modernité et de justice sociale !

S’il y a une chose que je ne supporte pas c’est le gaspillage d’intelligence. Quand je vois une marocaine ou un marocain brillant mais qui n’a pas transformé son intelligence en compétence et qui prive en fin de compte notre pays de son apport, je me dis que c’est trop dommage !

Mon rêve c’est que l’intelligence des femmes soit reconnue et valorisée, c’est de mettre fin à toute forme de violence contre elles et de les laisser s’épanouir pour donner à notre pays tout l’éclat qu’il mérite.

Mon rêve c’est de ne plus voir des jeunes souffrir parce qu’ils ne voient pas d’issue pour arriver à s’intégrer dans la vie active.

Mon rêve c’est aussi de ne plus voir d’enfance volée, gaspillée et que chaque enfant sans exception soit respecté et protégé comme personne à part entière.

Mon rêve c’est aussi que personne ne soit plus exclu à cause de son handicap, de sa pauvreté, de ses origines ou pour quelque raison que ce soit !

En fait mon rêve c’est une société inclusive, aimante et encourageante pour tous ses membres !

Mon rêve c’est que ces compétences multiples dont disposent les marocaines et les marocains soient mises au service du développement, du progrès, de la modernité pour le Maroc que j’aime !

 

Femme au foyer, maman de deux enfants et bloggeuse anonyme

Quel est  votre  rêve est  une  question qui ne m’a  jamais été posée durant  les  46ans  que je  viens de  vivre. Bizarre ! Non ?

Mais  c’est  vrai  on ne me  l’a jamais posée pour  la simple raison que je travaillais  dur, je  faisais  ce  qu’il fallait pour  que  les miens  soient  bien.

Et donc je n’avais ni le temps de  penser à haute voix  à ce que  je voulais  ni l’opportunité d’y  rêver, mais puisque  la  question  m’est  posée  aujourd’hui, je m’offre le luxe d y répondre.

Je rêve de vivre pour voir mes enfants grandir et publier mes romans, afin de transmettre la passion qui m’anime pour l’écriture.

 

 

Hanane Guennoune, enseignante universitaire en France :

 

Pour ne parler que d’un rêve, un seul, que j’aimerais tant voir réalisé, c’est celui de ne plus voir ces jeunes risquer leur vie et mourir dans le large, plutôt que de vivre au Maroc.

 

 

 

 

 

 

Imane Karkibou, chanteuse :

 

En tant que jeune femme marocaine de 20 ans, mon souhait est de mener une vie simple et stable. Bien évidemment, je souhaite construire une famille et apprendre à mes enfants ce que mes parents m'ont appris. Apprendre à mes enfants que, dans la vie, il faut avoir un principe et une personnalité. Je veux surtout apprendre à mes enfants qu'il ne faut pas compliquer la vie, elle l'est déjà.
La stabilité pour moi a un sens large. Elle est à la fois liberté et paix intérieure : la liberté de s'exprimer sans préjugés et sans arrière-pensées, et préserver sa dignité tout en réalisant ses objectifs professionnels et personnels, et la paix intérieure dans le sens où on trouve un sens à la vie tout en créant son propre monde virtuel et spirituel. Il est pour moi inutile d'atteindre tous les objectifs matériaux sans avoir la paix intérieure et la confiance en soi.

 

 

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