Le 1er constructeur d’hôtels au Maroc, ouvrira, à la mi-décembre, son Golf Resort Palace à Marrakech. Le groupe Alliances veut donner à sa clientèle un nouveau concept alliant Resort et paysage golfique en s’inspirant de l’esprit des lieux. Reportage.
« Nous n’avons rien à vous cacher. Le débat est complètement ouvert. N’hésitez surtout pas à poser vos questions ». Bernard Vauquier, le directeur du pôle resorts golfiques du groupe Alliances, ouvre ainsi la rencontre avec les média, tenue la veille d’un voyage de presse sur le site de Al Maaden Golf Resort. « Un monde à part ! », selon l’expression de son spot publicitaire qui invite la clientèle à « oublier le monde extérieur !». Comment ? « C’est toute une histoire », lance M. Vauquier qui aime mettre le récit de cette aventure immobilière sur le mode « il était une fois…. ».
« Avant le 28 décembre 2005, date de la signature de la convention d’investissement du projet, voici les images de ce site », nous montre–t-il en faisant voir à l’assistance deux flacons où il a soigneusement conservé du sable et de la terre du site tel qu’il était avant d’être transformé, en quatre ans, en un havre « de confort, de raffinement et de bien être ».
Donc, il y a quatre ans le groupe Alliances s’engageait devant le gouvernement marocain à réaliser directement, pour un montant de 650 millions DH, un hôtel 5*, un golf 18 trous et un club house. Cette convention prévoyait aussi la réalisation, par des tiers, de deux unités hôtelières 5* de 130 chambres & 40 chambres ainsi qu’un ensemble résidentiel en ryads & villas.
Depuis, les choses sont allées comme sur des roulettes. Juin 2006, début des travaux de viabilisation du site sur 190 ha. Septembre 2006, début des travaux de terrassement du parcours de golf dessiné par le célèbre architecte américain Kyle Philips. Novembre 2007, constitution de la société DILAM hôtel développement ayant pour objet de développer et d’exploiter le projet de l’hôtel 5* «W» de la chaîne Starwood qui sera, lui, ouvert en décembre 2011. Mai 2008, signature du contrat avec le groupe hôtelier Hyatt Int. Pour le management de l’hôtel Park Hyatt Marrakech 5* dont l’ouverture est prévue pour novembre 2011, avec un investissement de 520 millions DH.
Décembre 2009, ouverture officielle des 18 trous & club house et livraison des 100 ryads de l’ensemble résidentiel nord, livraison des 30 premières villas golfiques. Tout ça avec un investissement global en cours s’élèvent à 3,5 milliards DH.
Yasmina Filali, également de la partie
Mais, d’un point de vue social, les cadres d’Alliances ne manquent pas de mettre l’accent sur la signature d’un accord de partenariat avec la fondation Orient-Occident, dirigée par Yasmina Filali, en vue de former et d’intégrer les futurs collaborateurs. le projet permettra, à terme, la création de 1200 emplois qui se répartiront entre emplois techniques hôteliers très qualifiés liés à l’exploitation des complexes hôteliers et des services aux villas et ryads, et emplois induits par l’entretien des espaces verts, du golf, la maintenance des installations et les services. « On est, fin octobre 2009, à 185 emplois dont 59 en formation », précise M. Vauquier qui affirme que les 11 millions DH qu’a coûté la valorisation des RH « ne constitue pas une charge mais un investissement ». « La qualité des infrastructures, tant résidentielles qu’hôtelières, ainsi que le niveau élevé d’exigence de la clientèle résidente justifient un réel investissement humain en termes de formation initiale & permanente ainsi qu’en termes d’accompagnement des collaborateurs et d’exemplarité au niveau de l’environnement du travail », estime la direction du projet pour qui « la valorisation du facteur humain est une clé essentielle au succès du projet Al Maaden Golf Resort . Succès qui passe, selon les concepteurs de ce projet, par la mise à contribution de la population des quartiers périphériques et en particulier le quartier Sidi Youssef Ben Ali. « Cette action passe en premier lieu par l’insertion professionnelle et sociale des populations et des jeunes issus de ces quartiers périphériques », estime, le directeur du site Chafik Ali Boulahdid expliquant les raisons qui ont incité la société à établir un « partenariat exemplaire entre la Fondation Orient-Occident et le groupe Alliances, en complément de la démarche suivie auprès de l’Office de la Formation Professionnelle et l’ANAPEC ». «On compte sur ce registre, la formation d’une cinquantaine de futurs caddy de golf sous l’encadrement d’experts, de joueurs de golf, de profs de langues et d’histoire géographie », signale ce responsable en mettant l’accent sur la démarche novatrice de son groupe qui vient de mettre en place une nouvelle formation diplômante, reconnue par l’Etat, pour former des Caddy de golf avec de bourses offertes par le groupe qui s’engage à recruter les jeunes ainsi formés. Les responsables du groupe insistent, en effet, sur la « place privilégiée » de la composante RH qui est « l’une des clés du succès », Selon Bernard Vauquier, pour qui « le groupe Alliances tire sa force de deux paramètres : le respect des délais de construction et le respecter les coûts ». « C’est ce qui a permis l’émergence d’une véritable expertise dans l’hôtellerie », souligne-t-il avec fierté.
Du capitalisme citoyen…
« Un projet qui ne respecte pas son environnement ne peut pas être viable ». C’est le principe fondamental qui sous-entend, selon Samir Habibi, directeur administratif et financier du projet, les activités du groupe. « La sensibilité particulière du Al Maaden Golf Resort au respect de l’environnement et à la maîtrise de la consommation de l’eau se décline à travers des actions telles que : la minimisation de l’engazonnement, la récupération des eaux de drainage, la mise en place de la station autonome de traitement des eaux usées et l’irrigation du parcours de golf avec des eaux captées dans le canal de rocade et alimentées au lac central d’Al Maaden via des canalisations sur 11 kilomètres de distance » , explique-t-il. Il affirme que l’ancrage du projet dans son milieu socio-écologique se retrouve dans l’appellation même « Al-Maâden » qui renvoie à la dénomination ancestrale du site communément connu sous le nom de « Trab el Maâden ». « Nous sommes complètement indépendants de la nappe phréatique et en 2010, le parcours d’Al Maaden sera irrigué avec les eaux retraitées de la station d’épuration de Marrakech (station d’épuration d’extension) », nous affirme Chafik Ali en réponse à la question de savoir quelle politique hydraulique compte mettre en œuvre le groupe, étant donné le besoin manifeste de la ville ocre en ressources hydrauliques. En fait, le projet bénéficie, selon un accord passé avec la commune de Marrakech d’une dotation d’un million m3 par an en temps de pluviométrie normale pour subvenir aux besoins du site.
Visite guidée
« Oublier le monde extérieur », dit le spot publicitaire de ce nouveau produit touristique qui a déjà conquis des célébrités tels que la star de l’équipe de foot de l’AC Milan, Galiani ou l’homme politique Français Olivier Dassault, fils de serge Dassault, le magnat de l’aéronautique.
« Al Maaden se veut un nouveau concept qui associe des resorts à un golf paysager. Al Maaden est avant tout un ensemble de resorts harmonieux, alliant le savoir-faire du groupe Alliances au respect de la culture architecturale traditionnelle et qui s’inspire de l’esprit des lieux. Modernité et tradition, raffinement et simplicité, tels sont les traits de personnalité de Al Maaden », souligne Mounia Laalej, directeur marketing et commercial. Les signatures par des architectes de renommée mondiale (Eduard Gaggiano, Didfier lefort, Fernand Caruncho, Cheong Yew kuan… Entre autres) « font de ce lieu une grande réalisation de l’art de vivre qui allie modernité et tradition », explique cette responsable en indiquant les quatre médinas qui s’étirent tout au long du site et qui sont de véritables petits villages fortifiés, accessibles par Buggy électrique et où la pollution et circulation en voiture sont bannies.
Enfin, le cœur du projet, c’est le parcours de golf 18 trous (PAR 72) qui est développé sur plus de 70 ha de terre « remodelés » et occupe une situation privilégiée autour de laquelle s’articule le complexe : hôtels, villas, ryads, commerces et infrastructures sportives.
Reste à signaler que le tout « a été conçu à l’image d’une ferme qui reproduit les Jardins d’Agdal », explique Chafik Ali Boulahdid, l’ingénieur agronome doublé d’un paysagiste reconnu qui a orchestré la plantation de plusieurs millions de plantes dont 40.000 palmiers en partenariat avec la ville de Marrakech dans le cadre du programme de la sauvegarde des palmiers. Mais, la signature propre à ce jeune talent marocain est dite par les quatre quartiers d’arbres fruitiers : oliviers, orangers, citronniers et caroubiers que compte le site. Et surtout le champ du blé (un vrai champ) qui borde le parcours et qui sera labouré et moissonné comme il se doit. Question de donner aux golfeurs et autres clients de Al Maâden le goût de la vie aux rythmes des saisons naturelles. Bien vu !
Groupe Alliances, bio express
Le groupe Alliances créé novembre 1994, se targue d’être aujourd’hui le premier constructeur d’hôtels au Maroc : Sofitel, Novotel, Suitehôtels, Ibis, club Med, raffles, park Hyatt, W/ Starwood… Selon sa direction, Alliances a réalisé au total 30 hôtels soit 4150 chambres. En 2006, il s’oriente vers la promotion immobilière avec sa première résidence touristique : Al Quantara-Marrakech. De ce fait, il devient selon ses cadres également le premier groupe immobilier touristique intégré au Maroc avec 5 segments d’activité : la construction, l’habitat intermédiaire, l’immobilier résidentiel & tertiaire, les resorts golfiques et la prestation de services. Le groupe s’appuie sur l’expertise de l’un des leaders du BTP la SOMADIAZ dont il détient 69% des actions.
Il vient également de signer un accord de partenariat avec le groupe libanais, Benchmark pour le développement de résidences de très haut standing à Casablanca, nous indique-t-on auprès de la direction du groupe.
Et la toute récente nouveauté du groupe, la mise en place d’un fonds hôtelier & résidentiel ALHIF (Alliances hospitality investisment Fund) pour le développement de projets hôteliers et résidentiels avec une capacité cible : 2,5milliards DH (premier closing : 1,5milliards DH). ALHIF qui compte plusieurs investisseurs institutionnels (HOLPAR, BCP,CIMR, MAMDA/MCMA, CMR et le Crédit Agricole) a obtenu le Label 2010. Sa gestion est assurée par ALHIF Management, société contrôlée par Upline Group et Alliances.
Signalons également que le groupe a porté sa participation à 83,5% dans la station Balnéaire Port Lixus dont l’investissement global s’élève à plus de 5 milliards DH sur près de 461 ha. La livraison des 100 premières unités immobilières de cette station est prévue avant juin 2010.
L’art comme argument de vente
Al Maâden Golf Resort se distingue également par sa galerie d’art d’Al Maâden Golf Resorts qui organise sa première exposition dès le 15 novembre 2009.
« La Galerie ayant vocation à promouvoir toutes les expressions artistiques s'ouvrira en premier à la peinture et à la photographie », indique le responsable de cette activité Hassan Sefrioui qui nous présente la galerie qui abrite actuellement une exposition contemporaine présentant des chefs d’œuvre tels que la « chinoise » de Farid Belkahia qui rappelle le séjour à Prague du célèbre peintre marocain. Ou encore les œuvres du Tangérois Selfati et de l’Espagnol Ignacio Burgos. A ce propos, H. Sefrioui nous indique que la galerie veille à ce que les peintres présentés aient une histoire avec le Maroc.
En fait, les promoteurs du site savent très bien à quel point l’art est « une force de vente » redoutable. La preuve : le cas du célèbre politique français olivier Dassault qui a eu un coup de cœur pour un tableau du peintre marocain Hassani, exposé à l’entrée du Al Maâden qui reproduit dans ses œuvres tout particulièrement le patrimoine ethnoculturel du Sahara en faisant usage notamment de la couleur bleue que portent les Touareg. Un motif chromatique assez convaincant dans un décor global qui reflète une conception du luxe assez originale, celle qui ne fait pas fi des exigences du bien-être écologiquement correct.






