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Sahara : Doit-on accepter cela au nom de la démocratie ?

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Au Maroc, cette semaine, l’indignation est générale. Le fait que des individus vivent au Maroc, expriment en toute liberté leur séparatisme et aillent même jusqu’à comploter contre le pays au su et au vu de tous, n’est pas du tout compris.

Depuis longtemps, cela était critiqué. Mais de peur que la démocratie ne fasse un bond en arrière, les critiques étaient mises en sourdine.

En effet, c’est à la faveur de l’ouverture démocratique du Maroc, sous le règne de Mohammed VI, que la notion de « séparatistes de l’intérieur » a pu voir le jour. Du temps de Feu Hassan II et Driss Basri, il était hors de question d’afficher son séparatisme, sous peine d’incarcération immédiate, voire pire...

Ces dix dernières années, les séparatistes ont eu de plus en plus la possibilité de s’exprimer publiquement, de défendre leurs thèses au Maroc et à l’étranger, en toute liberté. Ils pouvaient circuler à volonté entre Laayoune et Tindouf. Ce qui n’est le cas ni des autres porteurs de passeport marocain auxquels l’Algérie interdit de mettre les pieds à Tindouf, ni des populations de Tindouf qui ne peuvent aller à Laayoune qu’au compte goutte et sous la supervision du HCR, dans le cadre du programme onusien des échanges de visites familiales.

Ceux qui étaient contre les libertés laissées aux « séparatistes de l’intérieur » s’affolaient de voir ces séparatistes monter crescendo dans leurs provocations. Ils ne comprenaient pas comment ces individus pouvaient défendre leurs thèses séparatistes dans les journaux marocains et circuler librement, prôner le séparatisme dans les tribunes internationales et rentrer tranquillement au Maroc, soutenir ouvertement les manifestations - voire y participer – toujours impunément…

« Ni la France, ni l’Espagne n’accepte que ses séparatistes –corses ou basques- prennent ainsi l’Etat en otage. Et encore moins l’Algérie, avec ses Kabyles ou ses Touaregs », s’écriait un jour, excédé, un haut responsable politique. « Doit-on accepter tout cela au nom de la démocratie ? », interpellait-il l’assistance.

En haut lieu, on restait cependant tolérant…

Le problème s’est compliqué lorsque l’argument des droits de l’Homme a commencé à être mis en avant.

Des manifestations étaient provoquées et quand les forces de l’ordre intervenaient, les accusations de violations des droits de l’Homme fusaient.

Les tenants des méthodes fortes voulaient alors mettre fin au « séparatisme de l’intérieur ». Mais ce n’est pas la ligne de conduite qui a été adoptée. Les autorités se contentaient d’empêcher les « manifs » et, quand celles-ci avaient lieu, d’y mettre un terme.

Que s’est-il donc passé, aujourd’hui, pour que les autorités arrêtent les « séparatistes de l’intérieur » de retour de leur voyage à Tindouf et que l’indignation soit générale ?

Toutes les parties prenantes savent de quoi il en retourne... Les provocations des « séparatistes de l’intérieur » ne sont aujourd’hui rien d’autre qu’une guerre algéro-marocaine qui ne dit pas son nom et dont ils sont les marionnettes. Si des Algériens, ou des polisariens étaient venus au Maroc et avaient été reçus par des militaires ou autres responsables marocains, avant de repartir avec des plans de déstabilisation et des promesses de financement, Alger ne leur aurait certainement pas, à leur retour, déroulé le tapis rouge. C’est ainsi.

Maintenant, ceux qui sont très embarrassés, dans cette affaire, ce sont les défenseurs de droits de l’Homme. Se taire ? Défendre ? Quoi… ?

 

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