Jamais l’UEM (Union des écrivains du Maroc) n’a été aussi bas. Crise de gestion des affaires courantes ou crise d’identité ?L’UEM était, de toute évidence, en perte de vitesse depuis l’avènement du gouvernement d’Alternance. C'est-à-dire depuis qu’elle n’est plus classée « opposition ». Position qui lui donnait, selon une bonne partie de ses 400 membres, une certaine « crédibilité sociale », étant liée par ses cadres dirigeants aux partis de l’ancienne opposition qui ont rejoint l’exécutif. La lame de fond qui traversait l’Union des écrivains du Maroc(UEM) a fini par « se manifester en tiraillements interpersonnels et en rivalités qui ne sont pas toujours motivées par l’intérêt général ou mues par des questions de fond », estiment des « ouelad ddar » qui ont choisi d’observer en silence la chute de cette institution nationale, reconnue d’utilité publique sans pour autant en tirer vraiment profit. « On a perdu une année. Les sections n’ont pas été renouvelées. Aucune activité n’a été organisée », regrette cet ancien membre du bureau exécutif qui avait choisi de se retirer, voyant que les choses au sein de l’UEM allaient de mal en pis.
Maintenant tout le monde appelle à un congrès pour départager les parties en conflit. D’un côté le président Abdelhamid Akkar qui avait été révoqué, le 24 octobre, à la majorité des membres du bureau éxecutif (Abderrahim El Allam, Hassan Bahraoui, Hicham Alaoui, Mustapha Nehhal et Ahed Said), et de l’autre les signataires de la décision de la révocation qui appellent à la tenue du conseil d'administration dans les brefs délais pour aller ensuite au congrès. D’ici là, les meneurs de ce mouvement de fronde plaident pour « une gestion collective » tandis que le président qui rejette, bien sûr, la décision indique que la révocation n'est pas mentionnée dans les statuts de l'Union et que « les personnes élues par le 17ème congrès n'ont pas le droit de révoquer n'importe quel membre, mais ils ont été chargés de la gestion de la chose culturelle », souligne-t-il lors de l’émission politique de la chaine 2M « tiyarat », animée par Abssamad Benchetrif. M. Akkar appelle également à la tenue dans les plus brefs délais d'un congrès ordinaire dont les préparatifs seront assurés également par le conseil d'administration. « Au cours du prochain congrès, les écrivains ont le droit de définir les mécanismes à même de garantir que la situation actuelle ne se reproduise plus, soit à travers l'élargissement des compétences du conseil administratif ou l'attribution de ce rôle au conseil des présidents ». Et tout en rappelant qu’il a été élu de manière légitime à la présidence de l'union avec un taux élevé de voix, il annonce qu’il demandera au conseil administratif de mettre en place un comité préparatoire pour la convocation d'un congrès dans les plus brefs délais. A suivre.






